OpenAI et Anthicp : la course à l'AGI, un coup marketing ?
Récemment, le secteur de l'intelligence artificielle a connu une vague de déclarations ambitieuses, alimentant le débat sur l'arrivée imminente d'une intelligence générale artificielle ou de systèmes autonomes capables de s'améliorer eux-mêmes. Des entreprises comme Anthropic et OpenAI ont annoncé des percées majeures, notamment dans la détection de vulnérabilités logicielles et la résolution de problèmes mathématiques complexes. Ces annonces, souvent couvertes de manière sensationnaliste, ont rapidement suscité des interrogations au sein de la communauté scientifique et des experts en sécurité. Les incidents de sécurité, parfois présentés dans les communiqués comme des échappées de modèles autonomes, sont en réalité attribués à des négligences en matière de pratiques de cybersécurité, selon des spécialistes du domaine. De même, les prétendues avancées mathématiques réclament un examen attentif. Des chercheurs, dont le professeur Tristan Buckmaster de l'Université de New York, ont pointé des réserves quant à l'originalité de ces travaux et ont formulé des allégations de plagiat et de mauvaise attribution des résultats. Un ingénieur d'Anthropic, Jacob Coxon, a par ailleurs attiré l'attention du public en mettant en garde contre une course effrénée vers des systèmes capables de s'auto-améliorer, qualifiant cette dynamique de risque majeur pour la sécurité humaine. Au-delà des annonces, une analyse plus nuancée révèle que le récit dominant repose davantage sur des stratégies marketing que sur des fondements scientifiques solides. En attribuant des intentions et une autonomie aux logiciels, les entreprises redirigent l'attention des médias et des législateurs vers une menace hypothétique, tout en évitant de rendre des comptes sur leurs pratiques actuelles. Cette approche crée une urgence artificielle qui peut influencer des décisions politiques, comme en témoigne le projet de loi proposé par le sénateur Bernie Sanders sur la régulation des superintelligences, souvent critiqué pour manquer de rigueur technique. Les experts en mathématiques et en informatique avertissent que ces domaines sont particulièrement sensibles à la surenchère médiatique, car leurs résultats sont facilement vérifiables et donc idéaux pour démontrer les capacités des modèles sans nécessiter une validation approfondie par des pairs. Une tribune signée par des centaines de mathématiciens invite les décideurs à s'appuyer sur des analyses indépendantes plutôt que sur les communiqués de presse ou les récits médiatiques. Par ailleurs, la focalisation sur des scénarios de superintelligence détourne le regard des impacts tangibles de l'expansion des centres de données. La consommation massive d'électricité et d'eau, ainsi que les problèmes de santé respiratoire pour les populations riveraines, restent des enjeux prioritaires peu régulés. Face à cette dynamique, les auteurs de l'analyse soulignent l'importance d'une approche prudente et factuelle. Ils appellent à ne pas céder à la pression des communications d'entreprise et à privilégier l'évaluation indépendante des technologies. Dans un contexte où les annonces se multiplient, le recul critique et la consultation d'experts restent les meilleurs garants d'une régulation adaptée et d'une utilisation responsable de l'intelligence artificielle.
