Figure AI rêve d’une nouvelle espèce robotique capable de se reproduire et de coloniser l’espace
Brett Adcock, fondateur et PDG de Figure AI, affirme que son entreprise ne se contente pas de concevoir des robots : elle cherche à créer une « nouvelle espèce ». Lors d’une interview avec le PDG de Salesforce, Marc Benioff, au congrès annuel Dreamforce, Adcock a évoqué un avenir où les robots pourraient non seulement évoluer, mais aussi se reproduire et transmettre des connaissances entre eux. Inspiré par le roman de science-fiction We Are Legion (We Are Bob) de Dennis E. Taylor, il imagine des sondes von Neumann auto-répliquantes capables de se construire elles-mêmes dans l’espace, d’exploiter des ressources comme le méthane sur d’autres planètes et de coloniser systématiquement le cosmos. « Je pense que cela arrivera durant notre vie », a-t-il déclaré, faisant référence à l’idée du mathématicien John von Neumann de machines auto-doublantes. Cette vision partagée par Sam Altman, PDG d’OpenAI, qui a investi 5 millions de dollars dans Figure AI. Dans une interview avec Bloomberg en mai, Altman prédisait que des robots capables de marcher et d’accomplir des tâches humaines deviendraient bientôt une réalité tangible, si proche qu’ils sembleraient « très sci-fi » au quotidien. Ce projet fait face à une concurrence croissante, notamment de la part d’Elon Musk, fondateur de Tesla et de xAI, avec lequel Altman entretient une rivalité tendue. Musk a intenté plusieurs procès contre OpenAI, l’accusant de l’avoir « trompé » lors de sa création, puis de harcèlement, avant de lancer une nouvelle action en septembre pour vol d’informations et recrutement d’employés. Tesla développe également son robot humanoïde, Optimus, dont le premier prototype a été présenté en 2022, avec une mise sur le marché prévue pour 2025 ou 2026. En octobre, Figure AI a lancé sa troisième génération de robot humanoïde, le Figure 03, conçu pour effectuer des tâches ménagères, bien qu’il ne soit pas encore disponible pour le grand public. Pendant l’interview, Benioff a évoqué la question de la forme que devraient adopter les robots : humaine, comme dans Transformers, ou fonctionnelle, comme des véhicules ? Cette question reste débattue. Des entreprises comme Diligent Robotics, basée à Austin, préfèrent des formes alternatives : leur robot Moxi, à roues, accomplit des missions essentielles dans les hôpitaux, comme le transport de prélèvements ou de fournitures. Vivian Chu, cofondatrice de la société, considère Moxi comme un « humanoïde minimal viable » : moins complexe, mais tout aussi efficace. « Dès que possible, on verra que la forme à roues, avec deux bras et une tête, sera probablement celle qui couvre la majorité des besoins », a-t-elle affirmé. Ces visions contrastées soulignent une réflexion profonde sur l’avenir de la robotique : la forme n’est pas toujours la priorité, mais l’efficacité, l’adaptabilité et la capacité à s’auto-développer le sont.
