Amazon met fin au partenariat avec Flock après la polémique suscitée par la publicité Super Bowl de Ring
Amazon a mis fin à son partenariat avec la société de technologie de sécurité Flock Safety après une forte réaction négative suscitée par une publicité diffusée pendant le Super Bowl pour la caméra d’entrée intelligente Ring. Cette publicité, qui mettait en scène une famille à la recherche de son chien disparu, montrait une fonctionnalité fictive baptisée « Search Party », permettant aux caméras Ring du quartier de collaborer via l’intelligence artificielle pour localiser l’animal. Bien que cette fonctionnalité n’ait aucun lien direct avec Flock, Amazon avait annoncé l’année précédente son intention de permettre aux utilisateurs de partager leurs vidéos avec les forces de l’ordre via le service « Community Requests » de Ring, en partenariat avec Flock. La publicité a déclenché des inquiétudes quant à l’expansion potentielle de la surveillance de masse. L’Electronic Frontier Foundation (EFF), organisation défendant les libertés numériques, a qualifié ce scénario de « cauchemar de surveillance », soulignant que des dispositifs grand public pourraient être utilisés pour identifier, suivre et localiser des individus ou des animaux à l’aide de reconnaissance biométrique. Selon elle, cette vision menace l’espérance raisonnable de vie privée, même si elle n’est pas toujours protégée par la législation actuelle. Ring a confirmé, dans un communiqué, qu’il avait décidé d’arrêter le partenariat en raison des délais et des ressources nécessaires pour intégrer la technologie de Flock, sans mentionner explicitement la publicité du Super Bowl comme motif. L’entreprise a précisé que l’intégration n’avait jamais été achevée et que « aucune vidéo n’avait jamais été échangée » entre les deux services. Flock a confirmé n’avoir reçu aucune donnée vidéo de la part des utilisateurs Ring. Jamie Siminoff, fondateur de Flock Safety, a défendu son modèle, affirmant que le système n’était pas une forme de surveillance, mais un outil d’aide aux voisins. « C’est permettre à votre caméra de devenir un assistant intelligent, et à vous de devenir un bon voisin », a-t-il déclaré à CBS News. Devant la question d’un possible conflit entre la sécurité et la vie privée, il a répondu que les deux objectifs pouvaient coexister, soulignant que le système avait été conçu sur la base de demandes des utilisateurs souhaitant aider. Cependant, Beryl Lipton, chercheuse senior à l’EFF, a rappelé que malgré les lacunes légales, les citoyens ont encore une forte attente de confidentialité dans leur environnement quotidien. Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large où les caméras intelligentes, comme celles de Ring ou de Google Nest, sont de plus en plus au cœur des enquêtes criminelles. Récemment, les autorités ont récupéré des données résiduelles d’un appareil Nest dans le cas de la disparition de Nancy Guthrie, malgré le fait que le dispositif soit débranché et sans abonnement actif. Ring a affirmé que son service Community Requests reste fondamental à sa mission, soulignant qu’il est volontaire et facultatif. Il a rappelé son utilisation lors de la fusillade à Brown University, où des voisins ont partagé 168 vidéos en quelques heures, contribuant à l’identification d’un suspect. Ce cas illustre à la fois les bénéfices potentiels et les enjeux éthiques liés à la diffusion de vidéos domestiques pour des fins d’enquête.
