AI révolutionne les flux de données : un quart du trafic réseau désormais dédié à l’IA, selon Backblaze
Le rapport Network Stats de Backblaze pour le troisième trimestre 2025 révèle une transformation profonde des flux de données liée à l’essor des workflows d’intelligence artificielle. L’IA représente désormais près d’un quart des flux réseau entrants et sortants sur l’infrastructure globale de Backblaze, marquant un tournant majeur dans la manière dont les données circulent. Ce changement, qualifié de « révolution de la mobilité des données », s’inscrit dans une nouvelle ère où les modèles d’IA, qu’ils soient en phase d’entraînement ou d’inférence, génèrent des pics de trafic intenses, courts mais très denses, concentrés sur un nombre restreint d’adresses IP. Contrairement aux charges de travail traditionnelles, qui se répartissent sur de nombreux points, les workloads d’IA s’organisent autour de clusters de calcul haute performance, souvent hébergés par des « néo-clouds » — des fournisseurs de cloud offrant des ressources GPU et des services dédiés à l’IA. Pour mieux quantifier cette évolution, Backblaze a introduit un nouvel indicateur : la « magnitude » du trafic, qui mesure l’intensité moyenne de chaque point de terminaison. Les résultats montrent que les flux liés à l’IA sont d’un ordre de grandeur plus intenses que les flux classiques, soulignant une réorganisation fondamentale de l’architecture réseau. Cette métrique permet de mieux comprendre la pression croissante exercée par les applications d’IA sur les infrastructures de stockage et de transmission. Le rapport s’inscrit dans une démarche de transparence accrue de Backblaze, qui poursuit désormais son série de rapports Network Stats, désormais équivalente à ses rapports Drive Stats. Ces données, publiées trimestriellement, offrent une vision détaillée du comportement du réseau : volume de bits, paquets, flux, répartition par protocole, et par IP, avec des indicateurs statistiques (moyenne, 95e centile, maximum). À partir de ce trimestre, Backblaze rendra également accessibles ses données brutes de télémétrie, favorisant l’analyse indépendante par les chercheurs, partenaires et écosystème cloud. À plus grande échelle, ces tendances reflètent un phénomène majeur : la « gravité des données d’IA », où les données se déplacent non plus vers un seul fournisseur hyperscaler, mais vers les environnements offrant la meilleure performance, la proximité géographique ou le meilleur rapport coût-efficacité. Cette évolution soutient l’essor des architectures multi-cloud ouvertes, permettant aux entreprises d’éviter les pièges des « jardins clos » et les frais d’égressions élevés. « La manière dont les données circulent est fondamentalement en train de changer », affirme Brent Nowak, ingénieur réseau chez Backblaze. « Comprendre ces flux est essentiel pour concevoir des infrastructures résilientes et évolutives. » Pour Gleb Budman, PDG de Backblaze, cette transparence est cruciale pour les développeurs de la prochaine génération : « Notre mission est de rendre nos clients invincibles face aux défis du stockage. En partageant ces données, nous leur donnons les clés pour anticiper et façonner l’avenir du cloud. » Le rapport complet est disponible sur le blog de Backblaze.
