FMI : l'IA risque de supprimer les emplois d'entrée de gamme
La Directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a mis en garde lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok contre l’impact dévastateur de l’intelligence artificielle sur l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Si les investissements dans l’IA soutiennent la croissance économique mondiale, estimée autour de 3 %, elle risque d’arracher la première marche de l’échelle carrière sous les pieds des jeunes professionnels. Georgieva qualifie ce phénomène de tsunami pour l’emploi. Selon les estimations du FMI, l’IA affecterait près de 40 % des emplois dans le monde, un chiffre qui grimpe à 60 % dans les économies avancées. Certaines fonctions seront améliorées, d’autres déclassées et d’autres encore supprimées. La Directrice générale souligne que les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi sont les premiers concernés. Traditionnellement, ils accédaient à l’expérience par des postes répétitifs avant d’évoluer vers des rôles plus qualifiés. La disparition de ces positions de départ compromet leur progression classique. Cette transformation structurelle nécessite une adaptation profonde des parcours professionnels. Des responsables de grandes plateformes comme LinkedIn observent déjà que l’évolution de carrière ne suit plus une progression linéaire, mais ressemble davantage à un mur d’escalade nécessitant des déplacements latéraux. Les recruteurs privilégient désormais les compétences comportementales et la capacité d’adaptation plutôt que la maîtrise d’outils techniques spécifiques. Face à ce changement, Georgieva exhorte les gouvernements à repenser en profondeur leurs politiques fiscales et éducatives. Alors que l’IA redéfinit la répartition entre travail humain et capital, les systèmes de taxation doivent s’adapter à un marché du travail transformé. La Directrice du FMI insiste également sur la nécessité de réformer l’enseignement pour intégrer l’apprentissage continu comme une nécessité vitale. Acquérir une compétence une fois pour toutes n’est plus viable dans un environnement professionnel en mutation rapide. En résumé, si l’intelligence artificielle constitue un moteur économique indéniable, elle impose une refonte majeure de la formation des jeunes travailleurs et des cadres de régulation publics pour éviter un déclassement massif des générations entrantes.
