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Jeff Bezos envisage des centres de données spatiaux pour sauver la Terre de la pollution de l’IA

Jeff Bezos envisage une solution radicale pour réduire l’empreinte carbone des centres de données liés à l’intelligence artificielle : les transférer dans l’espace. Lors d’une intervention à l’occasion de la Tech Week en Italie à Turin, le fondateur d’Amazon et de Blue Origin a affirmé que, pour permettre à l’IA de continuer à croître sans épuiser les ressources terrestres, il faudrait bientôt construire des centres de données en orbite. Cette préoccupation, partagée par de nombreux scientifiques et acteurs du mouvement environnemental, s’inscrit dans une inquiétude croissante face à l’impact écologique croissant des infrastructures numériques. Selon Bezos, les centres de données géants, nécessaires pour entraîner et déployer les modèles d’IA, pourraient être construits dans l’espace d’ici 10 à 20 ans. « L’espace deviendra l’un des lieux qui contribueront à rendre la Terre meilleure », a-t-il déclaré, rappelant que les satellites météorologiques et de communication ont déjà apporté des bénéfices concrets. « La prochaine étape, c’est les centres de données et d’autres formes de production industrielle. » Les centres de données actuels sont déjà une source majeure de pression sur les ressources terrestres. Alors que les géants de la tech investissent des milliards dans l’IA, la construction de ces installations connaît une croissance exponentielle. Elles consomment énormément d’électricité et d’eau pour refroidir leurs serveurs. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié en avril, la consommation mondiale d’eau par les centres de données s’élève actuellement à environ 560 milliards de litres par an, et pourrait atteindre 1 200 milliards d’ici 2030. Quant à l’électricité, sa consommation a augmenté de 12 % par an depuis 2017, atteignant 415 térawattheures en 2024 — une quantité équivalente à celle nécessaire pour alimenter des dizaines de millions de foyers. L’idée de déplacer ces centres dans l’espace n’est pas nouvelle, mais Bezos y voit une solution viable. Dans l’espace, l’énergie solaire est disponible en continu, sans nuages ni intempéries, et les températures extrêmement froides permettent un refroidissement naturel des équipements, sans recours à l’eau. « Ces grands clusters d’entraînement seront mieux construits dans l’espace, car nous y avons un accès illimité à l’énergie solaire 24 heures sur 24 », a-t-il souligné. Il prévoit que, d’ici quelques décennies, les centres orbitaux pourraient être plus rentables que leurs homologues terrestres. En outre, cette transition permettrait de réduire la pollution atmosphérique et aquatique sur Terre. Les centres de données actuels émettent des gaz à effet de serre et d’autres polluants, tandis que dans l’espace, ces émissions n’auraient pas d’impact direct sur l’environnement terrestre. Bezos a déjà défendu l’idée de délocaliser d’autres activités industrielles dans l’espace afin de préserver la planète, notamment en y installant des usines. Des progrès concrets sont déjà en cours. En mars, la société américaine Lonestar Data Holdings, basée en Floride, a réussi à tester un mini-centre de données, de la taille d’un livre, dans l’espace. Ce prototype baptisé « Freedom » a été envoyé vers la Lune à bord du vaisseau lunaire Athena d’Intuitive Machines, lancé par une fusée SpaceX Falcon 9. Malgré ces avancées, la construction de centres de données orbitaux à grande échelle reste un défi technologique, logistique et financier majeur, qui pourrait prendre plusieurs décennies à surmonter. Toutefois, face à l’expansion inévitable de l’intelligence artificielle, trouver des solutions innovantes pour atténuer son impact sur la Terre devient une priorité absolue.

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