Un nouveau projet de 30 millions de dollars révolutionne la sécurité des médicaments cardiaques grâce à des modèles virtuels du cœur
Prédire la réponse du cœur d’un individu à un nouveau médicament reste l’une des plus grandes incertitudes dans le développement pharmaceutique. Malgré des progrès scientifiques de plusieurs décennies, la cardiotoxicité peut encore apparaître de façon inattendue, entraînant des coûts financiers colossaux et, surtout, des conséquences réelles et parfois tragiques pour les patients. Aujourd’hui, ce défi majeur fait face à une réponse audacieuse. InSilicoTrials, en collaboration avec The Jackson Laboratory (JAX) et sous la direction du Dr. Matt Mahon, mène une initiative ambitieuse : CARDIOVERSE, un programme financé à hauteur de 30 millions de dollars par l’ARPA-H, visant à repenser la sécurité des médicaments cardiaques grâce à des modèles virtuels du cœur. Cette initiative s’inscrit dans une révolution en cours du développement de médicaments, où les approches traditionnelles basées sur les essais cliniques coûteux et longs sont complétées, voire remplacées, par des simulations informatiques avancées. CARDIOVERSE vise à créer des modèles numériques personnalisés du cœur, intégrant des données génétiques, physiologiques et cliniques provenant de milliers de patients. Grâce à ces modèles virtuels, les chercheurs pourront prédire avec une précision inédite les effets indésirables d’un médicament sur le rythme cardiaque, avant même qu’un essai humain ne commence. L’approche repose sur l’expertise de The Jackson Laboratory, leader mondial en biologie des modèles animaux et en génomique, combinée à la technologie d’InSilicoTrials, spécialiste des simulations in silico. En s’appuyant sur des données provenant de modèles animaux, de cellules humaines et de dossiers cliniques, le projet construit des « jumeaux numériques » du cœur humain capables de simuler des réponses à des traitements médicamenteux dans des conditions variées, y compris chez des populations à risque. L’objectif est clair : réduire drastiquement les échecs liés à la cardiotoxicité en phase clinique, accélérer le développement de traitements sûrs et efficaces, et ouvrir la voie à une médecine personnalisée. En permettant aux laboratoires pharmaceutiques de tester virtuellement des molécules sur des populations diversifiées, CARDIOVERSE pourrait non seulement sauver des millions de dollars, mais surtout prévenir des décès évitables liés aux effets secondaires cardiaques. Ce projet marque une étape décisive vers un avenir où la sécurité des médicaments ne repose plus uniquement sur l’essai et l’erreur, mais sur la puissance de la modélisation informatique et de l’intelligence artificielle. En réinventant la façon dont les effets cardiaques des médicaments sont évalués, CARDIOVERSE s’impose comme un pilier fondamental de la recherche médicale du XXIe siècle.
