Tesla accélère ses recrutements dans une dizaine d’États pour atteindre la deadline robotaxi d’Elon Musk
Tesla intensifie ses recrutements dans plusieurs États américains afin de respecter la date limite fixée par Elon Musk pour le lancement de son service de robotaxis. L’objectif, annoncé en octobre, est de déployer le service dans 8 à 10 métropoles d’ici la fin 2025, avec plus de 1 000 véhicules autonomes. Jusqu’à présent, le service est opérationnel à San Francisco et Austin, et Tesla vise désormais Las Vegas, Phoenix, Dallas, Houston et Miami, selon son assemblée annuelle des actionnaires le 6 novembre. Des annonces d’emploi publiées à la fin octobre révèlent une expansion plus vaste encore, avec plus de 40 postes liés aux robotaxis dans des villes comme Orlando, Tampa et Las Vegas. Ces emplois couvrent des rôles de soutien opérationnel, de gestion logistique, de nettoyage de véhicules, d’opérateurs de flotte et de spécialistes des sinistres d’assurance, essentiels à la gestion d’un service sans conducteur. À Austin, Tesla recrute des opérateurs de véhicules et des spécialistes capables d’intervenir en cas d’incident sur le terrain, tandis qu’à San Francisco, l’entreprise continue de recruter des ingénieurs pour son équipe Autopilot. Des conducteurs de test, chargés d’entraîner le logiciel autonome en conditions réelles, sont également déployés dans plusieurs villes, selon des sources proches de l’entreprise. Ces tests font partie d’un programme interne baptisé « Project Rodeo », initié dès 2021, visant à faire évoluer le système dans des grandes villes comme New York, Boston, Chicago et Detroit. Avant le lancement à Austin en juin, Tesla comptait environ 300 conducteurs de test dans la ville. Malgré cette expansion rapide, des obstacles réglementaires subsistent. Les États américains appliquent des cadres variés pour les véhicules autonomes, sans cadre fédéral uniforme. En Californie, où les règles sont parmi les plus strictes, Tesla dispose d’un permis pour tester des véhicules autonomes avec un conducteur de sécurité, mais n’a pas encore demandé de permis pour une exploitation commerciale. En revanche, elle peut proposer un service de covoiturage avec conducteur via son logiciel Full Self-Driving, sous une autorisation spécifique. En Nevada et en Arizona, Tesla a obtenu l’autorisation de tester, mais pas encore de commercialiser. À Tampa, la ville n’a pas été informée de ses intentions. En Texas, une nouvelle réglementation entrera en vigueur le 28 mai 2026, exigeant une autorisation préalable pour les opérateurs de véhicules autonomes, avec un processus d’application disponible fin avril 2026. Malgré ces freins, Elon Musk reste confiant. Lors de l’appel aux résultats du troisième trimestre, il a prédit que le déploiement des robotaxis « s’accélérerait de manière exponentielle », qualifiant l’impact d’un « choc » comparable à une onde de choc. Tesla mise sur son système basé uniquement sur la vision, formé sur des données collectées de millions de véhicules, pour dépasser ses concurrents comme Waymo ou Zoox, qui utilisent des capteurs LiDAR coûteux. Bien que Waymo ait déjà effectué plus de 700 000 trajets en un mois en Californie, Tesla affirme avoir dépassé 40 000 trajets depuis juillet, malgré un déploiement plus lent. Les experts du secteur soulignent que la réussite du projet dépendra autant de la régulation que de la maturité technologique. Tesla, bien qu’agressive dans son recrutement et ses ambitions, doit encore prouver sa capacité à garantir la sécurité et la fiabilité à grande échelle. La mise en œuvre du service à grande échelle reste donc conditionnée par des avancées réglementaires et techniques significatives.
