Genesis AI dévoile Eno, un robot sans tête ni jambes
L'entreprise Genesis AI a présenté Eno, un robot généraliste aux allures non anthropomorphiques, marquant une nouvelle entrée sur le marché en pleine expansion de la robotique. Développé par cette startup cofondée au début de 2025 par Zhou Xian, ancien chercheur à l'Université Carnegie Mellon, Eno se distingue par son absence de tête et de jambes. Son châssis repose sur des roues pour une meilleure stabilité et efficacité énergétique, tandis qu'un tronc à trois panneaux permet d'ajuster sa hauteur ou de le replier. Cette approche s'inscrit dans une philosophie de calme intelligent, visant à créer une machine discrète et fonctionnelle, capable de s'intégrer sans heurter dans des environnements variés, des entrepôts industriels aux cuisines domestiques. Pour financer son développement, Genesis AI a levé 105 millions de dollars auprès d'investisseurs tels qu'Eclipse, Khosla Ventures et l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt. Contrairement à de nombreux concurrents se concentrant uniquement sur les modèles d'intelligence artificielle, la startup conçoit l'ensemble de la chaîne technologique : le modèle neuronal nommé GENE, les simulateurs, les gants d'apprentissage et le robot lui-même. Le système GENE agit comme le cerveau d'Eno, capable de décomposer des objectifs complexes en étapes exécutables et de s'adapter en temps réel aux variations de l'environnement. Un écran intégré au torse permet d'afficher le raisonnement du modèle, offrant une transparence similaire à celle des assistants logiciels modernes. Le principal défi auquel fait face l'industrie, dont figurent des acteurs comme Figure AI, Tesla avec son robot Optimus ou Sunday Robotics, reste la collecte de données physiques de haute qualité. Alors que les chatbots s'entraînent sur d'immenses corpus textuels, la robotique manque de bases de données comparables. Pour combler ce vide, Genesis AI privilégie des gants sans fil équipés de capteurs tactiles et de caméras, permettant aux travailleurs experts d'enregistrer leurs gestes professionnels à moindre coût. Cette méthode vise à remplacer progressivement la téléopération, où des humains contrôlent le robot à distance, jugée trop coûteuse et peu évolutive pour un déploiement à grande échelle. Les premiers déploiements d'Eno sont prévus d'ici la fin de l'année pour des secteurs industriels, logistiques et de laboratoire. L'accès aux marchés grand public et domestiques est attendu dans trois à cinq ans, le temps de résoudre les questions de sécurité, de fiabilité face aux situations imprévues et de l'interaction avec les enfants. Zhou Xian ambitionne que la robotique généraliste investisse massivement le monde physique dans les décennies à venir, avec pour objectif stratégique de devenir un acteur dominant d'une future flotte comptant potentiellement un milliard de machines. En misant sur une conception utilitaire et une stratégie de données scalable, Genesis AI tente de tracer une voie distincte dans une course technologique de plus en plus concurrentielle.
