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Musiciens en colère contre les clones IA : « Nous sommes vraiment condamnés »

Les musiciens, producteurs et professionnels de l’industrie sont de plus en plus furieux face à la prolifération des clones d’artistes générés par l’intelligence artificielle. Bien que les fausses pistes générées par IA ne soient pas nouvelles — comme les nombreux morceaux d’AI Drake apparus en 2023 — la situation s’est aggravée ces deux dernières années. Des artistes comme Beyoncé, le compositeur expérimental William Basinski ou encore le groupe King Gizzard and the Lizard Wizard ont vu des chansons non autorisées, probablement créées par IA, apparaître sur leurs pages Spotify. Stu Mackenzie, le leader du groupe, a réagi avec colère et résignation, déclarant à The Music : « Nous sommes véritablement condamnés. » Spotify a pris des mesures, en renforçant sa politique contre l’impersonation et en supprimant 75 millions de pistes spam. Mais le volume massif de contenus, combiné à un système de distribution via des plateformes tierces comme DistroKid, rend la surveillance quasi impossible. Deezer estime que 50 000 morceaux générés par IA sont uploadés chaque jour sur sa plateforme, représentant plus de 34 % de son contenu. Ces services ne vérifient pas toujours l’identité des auteurs, ce qui permet aux fraudeurs de se faire passer pour des artistes célèbres. William Basinski, dont l’œuvre se concentre sur des sons organiques et expérimentaux, a qualifié de « total bullshit » la présence d’un morceau de reggaeton génératif sur sa page Spotify. Luke Temple, de Here We Go Magic, a dénoncé une chanson AI réactivant un groupe dormant depuis 2015. Quant à Toto, le guitariste Steve Lukather a qualifié d’« honteux » un morceau AI apparu sur sa page. Même si certains d’entre eux ne sont pas des clones directs, l’IA permet de produire rapidement des contenus crédibles. Le projet Breaking Rust, inspiré des voix de Blanco Brown, a atteint le sommet du classement Billboard Country Digital Song Sales — non pas grâce à des streams, mais à 3 000 achats iTunes, une stratégie facile à manipuler. Un autre cas, Solomon Ray, un chanteur gospel AI, a suscité une vive polémique dans la communauté chrétienne, avec des artistes comme Forrest Frank affirmant que l’IA ne peut pas posséder l’Esprit Saint. Le vrai Solomon Ray a dénoncé l’absence d’âme dans ce type de création. Des producteurs comme Haven ont profité de la confusion, présentant un morceau AI comme un inédit de Jorja Smith. Après avoir été démasqué, il a tenté de réenregistrer la chanson et de solliciter Smith pour un remix. FAMM, le label de Smith, exige désormais des royalties, dénonçant les créateurs comme des « dommages collatéraux » dans la course aux IA des géants du secteur. L’UMAW (United Musicians and Allied Workers) condamne fermement l’IA musicale comme une forme d’exploitation. Son porte-parole, Joey La Neve DeFrancesco, affirme que les plateformes et majors ont déjà conclu des accords avec des entreprises d’IA, éliminant les artistes humains et leurs droits. En revanche, iHeartRadio s’est positionné clairement en faveur des humains, son président Tom Poleman affirmant que « la musique est une forme d’art humaine » et qu’il ne diffusera jamais de voix synthétiques prétendant être humaines. Même Holly Herndon, une artiste ouverte à l’IA, a mis en garde contre l’exploitation, soulignant que les entreprises d’IA ne pensaient pas aux droits des artistes. L’UMAW appelle à une régulation, notamment à l’adoption de la Living Wage for Musicians Act, qui instaurerait une redevance directe aux artistes humains, excluant les contenus générés par IA des pools de rémunération. Pour l’instant, la vigilance des artistes et de leurs fans reste la principale ligne de défense. Comme pour les vidéos ou les photos, la musique doit désormais être abordée avec méfiance dans l’ère de l’IA.

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