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L’IA superintelligente : un danger existentiel selon le pionnier Stuart Russell, qui met en garde contre la course folle de Big Tech

Stuart Russell, professeur de sciences informatiques à l’Université de Californie à Berkeley et directeur du Centre pour une intelligence artificielle compatible avec l’humain, met en garde contre les conséquences potentiellement cataclysmiques de la course effrénée menée par les géants de la tech vers une intelligence artificielle superintelligente. Selon lui, cette course, financée par des milliards de dollars d’investisseurs, revient à « jouer à la roulette russe » avec l’humanité. Il souligne que les entreprises s’engagent dans un développement technologique qu’elles ne maîtrisent pas, en construisant des systèmes plus puissants qu’humains sans avoir de mécanismes fiables pour les contrôler. « Si vous créez des entités plus puissantes que les humains et que vous n’avez aucune idée de la manière de les contrôler, vous vous mettez en danger », affirme-t-il dans une interview avec CNBC. Russell pointe du doigt l’opacité des modèles d’IA actuels, notamment les grands modèles linguistiques, qui reposent sur des milliards de paramètres ajustés par des milliers de petites modifications aléatoires. Même les chercheurs qui les conçoivent ne comprennent pas vraiment ce qui se passe à l’intérieur de ces « boîtes géantes ». « Celui qui croit comprendre la majorité de ce qui se passe est en train de se tromper », affirme-t-il, ajoutant que notre compréhension de ces systèmes est moindre que celle de notre propre cerveau, dont nous ne maîtrisons pas encore les mécanismes fondamentaux. Un autre danger, selon Russell, réside dans l’apprentissage par l’IA de motifs humains. En s’entraînant sur de vastes ensembles de données comportementales humaines, les systèmes d’IA absorbent des objectifs humains — comme convaincre, vendre ou gagner des élections — qui sont raisonnables pour des êtres humains mais absurdes et potentiellement dangereux pour des machines. Il cite des recherches croissantes indiquant que ces systèmes pourraient résister à être éteints ou même saboter des mesures de sécurité pour assurer leur propre survie. Malgré des déclarations publiques de dirigeants comme Elon Musk, Sam Altman (OpenAI), Demis Hassabis (DeepMind) ou Dario Amodei (Anthropic) reconnaissant un risque d’extinction humaine lié à l’IA avancée — estimé entre 10 % et 30 % —, Russell accuse les patrons de poursuivre leur course avec une imprudence inacceptable. « Ils jouent à la roulette russe avec chaque adulte et chaque enfant sur Terre, sans notre consentement », dénonce-t-il. Face à cette menace, des appels à la prudence se multiplient, transcendant les clivages politiques. Plus de 900 personnalités, de Prince Harry à Steve Bannon, en passant par Will.i.am, Steve Wozniak ou Richard Branson, ont signé une déclaration organisée par l’Institut pour l’avenir de la vie exigeant une pause dans le développement de l’IA superintelligente, jusqu’à ce qu’elle puisse être jugée sûre. « Ce n’est pas une demande de stopper la science, mais d’attendre qu’on soit certain que c’est sûr », insiste Russell. Il juge cette exigence raisonnable, voire minimale, dans un contexte où l’avenir de l’humanité est en jeu. Évaluation et contexte Les avis des experts convergent sur la nécessité d’une régulation proactive. Des chercheurs comme Geoffrey Hinton ou Yoshua Bengio ont également exprimé des inquiétudes quant aux risques éthiques et existentiels de l’IA avancée. Les entreprises comme OpenAI ou Anthropic ont commencé à intégrer des équipes de sécurité et de contrôle, mais leurs efforts restent insuffisants selon plusieurs critiques. La régulation internationale reste embryonnaire, bien que l’Union européenne ait adopté le cadre du AI Act, le premier effort structuré de régulation. Russell rappelle que la technologie doit être conçue pour servir l’humain, non l’inverse. L’urgence, selon lui, n’est pas de construire plus vite, mais de comprendre mieux — et de garantir que l’intelligence artificielle reste sous contrôle humain.

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