HyperAIHyperAI

Command Palette

Search for a command to run...

Des data centers spas aux serveurs dans l’espace : l’ère de la réinvention énergétique du cloud

Des centres de données transformés en spas aux serveurs placés dans l’espace : comment la crise énergétique redessine le cloud computing Dans un effort pour répondre à la croissance exponentielle de la demande en puissance de calcul et à la pression sur les ressources énergétiques, l’industrie du cloud s’oriente vers des modèles radicalement nouveaux. Parmi les innovations les plus étonnantes figurent les « villages de données » et les « spas de données ». Dans ces concepts, les serveurs sont regroupés en modules proches des zones urbaines, permettant de réutiliser la chaleur résiduelle générée par les centres de données pour chauffer des écoles, des logements ou même des installations de bien-être. Dans le cas des spas de données, la chaleur produite serait utilisée pour alimenter des bains thermaux, tandis que le froid nécessaire au refroidissement des serveurs pourrait être obtenu grâce à un système de récupération de chaleur, créant ainsi un cycle énergétique fermé. Cependant, ces projets, bien qu’ambitieux, restent largement théoriques. Lenovo estime que leur mise en œuvre n’est pas envisageable avant 2055, voire plus tard. L’entreprise a souligné que son étude avait pour but de stimuler le débat plutôt que de proposer une solution immédiate. Les obstacles sont multiples : coûts élevés, complexité ingénierie, contraintes réglementaires, et limites de scalabilité. L’adoption variera fortement selon les régions. Aux États-Unis, où la demande est forte, l’espace disponible est abondant et le cadre réglementaire plus souple, des campus de données à très haute densité pourraient émerger plus rapidement. En Europe, en revanche, le réseau électrique est plus contraint, et les règles environnementales plus strictes, freinant l’implémentation de ces projets. Ces idées ne sont pas entièrement nouvelles. En 2018, Microsoft avait déjà testé un concept original en déployant un centre de données sous-marin, plongé à 35 mètres sous la surface de la mer. Profitant du refroidissement naturel de l’eau de mer et de l’énergie des marées, ce data center fonctionnait entièrement à partir d’énergies renouvelables, illustrant la faisabilité d’approches innovantes. D’autres projets exploitent déjà la chaleur résiduelle. En été dernier, par exemple, la chaleur produite par un centre de données Equinix à Paris a été réutilisée pour chauffer les piscines olympiques de la ville, montrant la viabilité d’une telle approche à plus petite échelle. En parallèle, une autre frontière fascinante s’ouvre : les serveurs dans l’espace. Malgré leur attrait, ces solutions restent hors de portée à court terme. Le coût de lancement, la nécessité de composants résistants aux radiations, le refroidissement dans le vide, ainsi que les risques liés aux débris spatiaux et à la maintenance posent des défis majeurs. Jermaine Gutierrez, chercheur à l’ESPI, estime que, pour l’instant, l’idée reste irréaliste. « Si l’on parle de Starship, avec un coût de lancement de 10 millions de dollars, c’est une ambition à long terme », précise-t-il. « La vraie question est de savoir si les progrès sur Terre, en termes d’efficacité énergétique et de réduction des coûts, ne dépasseront pas, à long terme, les gains potentiels d’un déploiement spatial. » Face à ces défis, l’industrie du cloud s’oriente vers des solutions plus pragmatiques, mais aussi plus audacieuses. Les « géants sans visage » du cloud, longtemps perçus comme des infrastructures isolées et énergivores, commencent à s’intégrer dans les tissus urbains et énergétiques, devenant des acteurs clés de la transition énergétique. L’avenir du cloud ne se résume plus à des salles de serveurs froides et silencieuses, mais à un écosystème connecté, intelligent et durable, où l’énergie perdue devient une ressource.

Liens associés