Vie sur le visa H-1B : l’American dream aux portes du précipice
Le visa H-1B, souvent perçu comme une porte d’entrée vers le rêve américain pour les talents étrangers dans le domaine technologique, révèle un système à la fois transformateur et extrêmement fragile. Selon des témoignages recueillis par Business Insider auprès de sept anciens ou actuels employés de Google, Meta, Amazon et d’autres géants de la tech, ce statut peut redonner une nouvelle vie — mais aussi la faire s’effondrer en quelques semaines. Tous originaires d’Inde, ces professionnels ont décroché des postes à haut salaire dans l’IA et le logiciel, mais leur avenir dépend entièrement de leur emploi. En cas de licenciement, ils disposent de 60 jours pour trouver un nouvel employeur ou quitter les États-Unis. Une pression insoutenable, d’autant plus dans un contexte de restructurations massives dans le secteur tech. Surabhi Madan, ingénieure logicielle chez Google depuis six ans, décrit une existence marquée par l’instabilité : « Ma vie me semble temporaire de bien des façons. » Elle évoque son anxiété face aux gestes simples — conduire, déclarer ses impôts — car tout peut avoir des conséquences sur sa situation légale. Elle ne s’engage pas dans des activités bénévoles, craignant que cela ne soit interprété comme un travail non autorisé. Debpriya Seal, ex-employée de Twitter, a été licenciée à la fin d’un trimestre difficile, période où les recrutements ralentissent. Elle a dû envisager de vendre ses biens sur Facebook Marketplace et de retourner en Inde. Debjit Saha, cofondateur d’une start-up immobilière à Buffalo, explique que même en tant que dirigeant, il doit rester strictement dans les limites de son dossier H-1B. « Je ne peux pas faire de marketing, même si je suis CTO. » Ces contraintes influencent directement la manière dont il gère son entreprise. Ce système, bien que permettant d’attirer des talents de haut niveau — certains avec des salaires dépassant 300 000 dollars annuels — expose les titulaires à une vulnérabilité sans précédent. Contrairement aux citoyens américains, ils n’ont pas le luxe d’attendre une reprise du marché. Leur existence dépend d’un contrat, d’un visa, d’un employeur. L’incertitude est permanente. En parallèle, les marchés s’orientent vers une forme de stagflation-léger, avec une croissance ralentie et une inflation persistante, selon les analystes. Toutefois, les géants de la tech maintiennent leur investissement, soutenant les marchés malgré les tensions géopolitiques, notamment les nouveaux tarifs imposés par Trump. Dans le monde de la tech, GPT-5 est désormais disponible, promettant des progrès significatifs vers une intelligence artificielle générale, tandis que les fondateurs de start-ups deviennent de plus en plus jeunes, avec une moyenne d’âge de 24 ans chez Y Combinator. Enfin, au niveau des affaires, Trump a exigé la démission du PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, en raison de préoccupations de sécurité nationale liées à ses investissements en Chine, une situation que les experts en communication d’urgence jugent critique à gérer rapidement.
