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Le boom des serveurs GenAI est-il durable ? Un pic à 100 milliards de dollars par trimestre menace-t-il de s’effondrer ?

Depuis le début de la révolution de l’intelligence artificielle générative (GenAI), les dépenses mondiales en serveurs ont connu une croissance sans précédent, dépassant largement les pics observés durant la bulle Internet. Selon les données d’IDC, le marché des serveurs a atteint un niveau de près de 100 milliards de dollars par trimestre en 2025, soit une augmentation d’un ordre de grandeur par rapport aux sommets de 1999. Cette explosion s’explique par la demande massive de systèmes accélérés par GPU et XPU, essentiels au traitement des modèles d’IA. En effet, les serveurs équipés de GPU ont représenté plus de la moitié des revenus trimestriels en Q3 2025, avec une croissance annuelle de 49,4 %, pour un total de 314,2 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres de l’année. Le marché des serveurs X86 reste important, avec 76,3 milliards de dollars de ventes en Q3, en hausse de 32,8 %, notamment grâce à la modernisation des infrastructures vieillissantes. Mais c’est le segment non-X86 qui connaît la croissance la plus spectaculaire : une hausse de 192,7 % pour atteindre 36,2 milliards de dollars, portée par l’adoption massive de processeurs Arm par les hyperscalers (comme AWS, Google, Meta) et par la réussite du CPU Grace d’Nvidia dans ses infrastructures HPC et IA. IBM, quant à elle, voit une reprise grâce à ses nouveaux systèmes Power11 et System z17. Le rôle des ODM (fabricants de matériel sans marque) s’est également renforcé : ils représentent désormais près de 60 % des revenus mondiaux, contre 45 % l’an dernier. Bien que Dell reste le plus grand OEM en valeur, plusieurs ODM pourraient dépasser ses volumes de ventes, notamment grâce à leur capacité à produire à grande échelle des serveurs optimisés pour l’IA. Cependant, la durabilité de ce niveau de dépenses reste largement incertaine. Les prévisions d’IDC pour 2024 et 2029, combinées à des estimations intermédiaires basées sur les cycles historiques (Q2 et Q4 forts, Q1 et Q3 plus faibles), suggèrent une croissance continue, avec des pics potentiels vers 2029. Toutefois, cette trajectoire dépend de plusieurs facteurs critiques : la disponibilité de mémoire HBM en quantité suffisante, la nécessité croissante de puissance de calcul pour les modèles d’IA, et surtout, la capacité des entreprises à générer un retour sur investissement significatif. À ce jour, peu de géants logiciels de l’IA affichent des revenus à la hauteur des investissements en infrastructure. Enfin, les prévisions d’IDC et d’AMD, qui anticipent une croissance encore plus rapide de l’IA, soulignent un décalage entre l’ambition technologique et la réalité économique. Si la demande en serveurs reste soutenue par les hyperscalers et les entreprises qui construisent leurs propres modèles, la fragilité du cycle dépendra de la capacité du marché à transformer ces dépenses massives en valeur commerciale tangible. Sans cela, une correction pourrait s’imposer, rappelant les effondrements du passé. Pour l’instant, le marché semble avoir franchi un seuil irréversible — mais son avenir reste tributaire de la preuve de rentabilité.

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