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L'IA révèle que le climat a accéléré l'évolution des oiseaux

Des chercheurs de l’Université du Michigan ont démontré que l’évolution des passereaux, un groupe d’oiseaux très diversifié, s’est produite par bonds rapides coïncidant avec des changements climatiques majeurs au cours de l’histoire de la Terre. Cette étude, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, s’appuie sur des outils d’intelligence artificielle et une analyse statistique novatrice pour relier les transformations morphologiques des oiseaux à la variabilité environnementale. Pour retracer cette évolution sur une période de quarante-cinq millions d’années, l’équipe a exploité un modèle d’IA développé conjointement avec l’Université de New York, baptisé Skelevision. Cet outil numérique prend des photographies de squelettes d’oiseaux conservés dans les musées et en extrait avec une précision inégalée plus d’une douzaine de mesures osseuses. En moins de quarante-cinq secondes par spécimen, Skelevision a permis de numériser et de mesurer près de cent soixante-mille données issues de quinze mille échantillons, dont la plupart proviennent des collections de l’Université du Michigan. Ces données ont ensuite été traitées par une méthode statistique appelée Bifrost, conçue pour analyser la morphologie globale d’un organisme plutôt que ses pièces isolées. Les résultats montrent que les passereaux ont connu des phases d’expansion morphologique intense, notamment il y a trente-cinq millions d’années, durant la transition entre les époques Éocène et Oligocène, caractérisée par un refroidissement climatique global. Cette accélération évolutive a été suivie de périodes de ralentissement il y a environ quinze millions d’années, confirmant une théorie évolutive ancienne selon laquelle l’apparition de nouveaux groupes s’accompagne de radiations adaptatives explosives, puis d’une stabilisation progressive à mesure que les opportunités écologiques se réduisent. Une découverte annexe révèle également que la répartition géographique influence le rythme évolutif. Les espèces vivant dans des zones à fortes variations saisonnières et à des latitudes plus élevées évoluent morphologiquement plus rapidement que leurs congénères équatoriaux. Cette corrélation suggère que la pression environnementale constitue un moteur majeur de l’adaptation des populations animales. Au-delà de leurs implications théoriques, ces travaux soulignent l’utilité croissante de l’intelligence artificielle pour exploiter les vastes collections muséales historiques. La capacité à numériser et à analyser à grande échelle des spécimens accumulés par des générations de naturalistes ouvre de nouvelles perspectives pour la biologie évolutive. Les chercheurs estiment que comprendre comment le climat a historiquement façonné la diversité du vivant constitue également une clé pour anticiper les réponses des espèces au réchauffement climatique actuel. En reliant les données archivistiques aux modèles computationnels modernes, la science dispose désormais d’outils puissants pour décrypter les rythmes lents de l’évolution face aux transformations accélérées de notre planète.

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