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Une nouvelle technologie d'imagerie moléculaire promet de réduire les biopsies de mélanome sans compromettre le dépistage precoce

L'imagerie moléculaire pourrait réduire le recours aux biopsies de mélanome. Douglas Grossman, MD, PhD, co-dirigeant du Centre du mélanome à l’Institut de recherche contre le cancer Huntsman de l’Université du Utah (U) et professeur de dermatologie à cette institution, a contribué au développement d’une technologie non invasive visant à améliorer les résultats du dépistage du mélanome et à réduire les interventions inutiles. Grossman et son équipe ont évalué l’exactitude d’un système appelé Imagerie fluorescente de la peau (SFI), développé par Orlucent, Inc., qui analyse la composition moléculaire des taches et lésions cutanées sans nécessiter d’exérèse chirurgicale. Les résultats de ce essai clinique de phase 2 ont été publiés dans le numéro de février de JAAD International. « En identifiant précocement les signaux moléculaires associés au mélanome, la SFI pourrait aider les cliniciens à déterminer quels lésions suspectes nécessitent une biopsie, tout en épargnant aux patients des interventions inutiles », explique Grossman. « Cette technologie représente une avancée prometteuse vers des approches non invasives pour détecter le mélanome à un stade précoce et réduire les biopsies de taches bénignes. » Le mélanome est la forme la plus mortelle de cancer de la peau, responsable de 90 % des décès liés à ce type de cancer. Il devient particulièrement dangereux lorsqu’il s’est métastasé, c’est-à-dire qu’il s’est propagé au-delà de son site d’origine. La résection précoce du mélanome permet de réduire significativement le taux de mortalité, ce qui pousse de nombreux médecins à adopter une approche de type « quand on doute, on enlève ». Les cliniciens s’appuient généralement sur l’observation visuelle pour repérer des taches ou lésions anormales, notamment celles qui ont changé de forme ou de couleur. Dès qu’une tache suspecte est détectée, elle est souvent retirée par précaution, même si elle n’est pas nécessairement cancéreuse. Le diagnostic définitif exige toutefois une biopsie invasive. « De nombreux mélanomes précoces et taches atypiques présentent des caractéristiques similaires », souligne Grossman. « La SFI offre une approche plus ciblée du dépistage, permettant de cibler les lésions les plus susceptibles d’être cancéreuses pour biopsie. » Dans cette étude, Grossman et ses collègues ont analysé 240 lésions pigmentées jugées suspectes lors d’un examen cutané. Une coloration fluorescente a été appliquée sur la lésion anormale et sur la peau environnante. Ce colorant se lie à une protéine appelée αvβ3, impliquée dans la croissance tumorale et considérée comme un marqueur d’agressivité tumorale. Un appareil d’imagerie portatif a ensuite capturé des images fluorescentes en temps réel, dont les données ont été analysées par un algorithme d’intelligence artificielle. La SFI a réussi à identifier tous les cas de mélanome invasif, la forme la plus grave de la maladie. Elle a également montré une capacité remarquable à distinguer les taches bénignes des lésions atypiques, qui présentent certaines caractéristiques pré-cancéreuses. Cette technologie non invasive pourrait avoir un impact particulièrement important dans la région du Mountain West, où l’Institut Huntsman Cancer Institute exerce, une zone caractérisée par des taux élevés de mélanome et des populations rurales éloignées, souvent mal desservies en dermatologie. Des validations supplémentaires seront toutefois nécessaires avant que cette méthode ne puisse être adoptée de manière générale en dehors du cadre d’un essai clinique.

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