« Bye Bye AI » : cette bibliothèque aide à désactiver l'IA
La bibliothèque North Chatham Free Library, située dans un hameau isolé du nord de l'État de New York comptant environ 800 adhérents, organise prochainement l'événement Bye, Bye AI. Cette séance pratique vise à aider les usagers à désactiver les fonctionnalités d'intelligence artificielle intégrées à leurs smartphones et ordinateurs. L'initiative, portée par Shea Wert, la bibliothécaire de l'établissement, a connu un succès inattendu sur les réseaux sociaux. Un simple flyer diffusé sur Facebook a attiré plus de huit mille likes et deux cents commentaires, générant un intérêt mondial et de nombreuses demandes de programmes similaires dans d'autres régions. Cette démarche répond à une demande récurrente de la communauté locale. Selon Wert, de nombreux usagers, en particulier des seniors, expriment leur frustration face aux intégrations systématiques de l'IA dans les services numériques qu'ils utilisent déjà, comme les réponses et suggestions automatiques de Gmail. L'événement s'inscrit dans la continuité des ateliers technologiques hebdomadaires de la bibliothèque et d'une session précédente dédiée aux fondamentaux de l'IA. L'initiative a directement été inspirée par les travaux d'Hannah Cyrus, chercheuse en sciences de l'information, qui a publié une étude soulignant le rôle des bibliothèques dans l'accompagnement du refus technologique, au même titre que dans son adoption. Après avoir organisé des séances très fréquentées sur le sujet, Cyrus a partagé son matériel pédagogique et formé d'autres bibliothécaires, y compris Wert, via des webinaires. Wert précise qu'elle ne rejette pas totalement l'intelligence artificielle. Si elle utilise personnellement un téléphone basique, elle reconnaît l'utilité des modèles de langage génératif pour certains travaux rédactionnels ou pour guider des usagers souhaitant optimiser leurs requêtes. Elle constate néanmoins que la majorité des consultations actuelles concernent la désactivation d'outils jugés intrusifs. Cet événement en libre-service, prévu pour la semaine prochaine, interroge sur la capacité d'une petite structure à répondre à un engouement médiatique. Wert admet craindre une affluence importante compte tenu de son format et de ses ressources limitées, mais reste ouverte à l'expérimentation. Cette initiative illustre une tendance émergente du secteur éducatif : face à la progression rapide de l'IA, les bibliothèques deviennent des espaces neutres pour éduquer, accompagner ou parfois déconnecter, offrant un cadre essentiel à la réflexion critique sur la place de la technologie dans le quotidien numérique.
