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AI vs. spaghetti : le test viral qui révèle la révolution des vidéos générées par IA en 2,5 ans

En seulement deux ans et demi, les générateurs vidéo d’intelligence artificielle ont connu une progression fulgurante, illustrée par l’évolution spectaculaire de leurs tentatives de reproduire Will Smith en train de manger des spaghettis. Ce test informel, devenu une référence inattendue, révèle à quel point la technologie a évolué. En 2023, un utilisateur de Reddit avait publié une vidéo générée par ModelScope, un modèle de génération vidéo texte-à-image. Le résultat était effrayant : Will Smith ressemblait à un dessin animé mal exécuté, aux traits exagérés, presque caricaturaux, comme ceux qu’on voit sur les stands de tourisme. Dans certains cas, il ne mangeait même pas les spaghettis, manquant ainsi l’essentiel de la scène. Ces erreurs révélaient les limites des premières générations d’IA vidéo : mains avec huit doigts, mouvements anormaux, corps déformés. Will Smith lui-même avait fait référence à cette expérience en février 2024, en publiant une vidéo TikTok où il mangeait des spaghettis avec une gestuelle aussi peu naturelle que celle des premières IA. Une ironie du sort, presque un clin d’œil. Depuis, les progrès ont été spectaculaires. En 2024, le modèle chinois MiniMax a produit une version plus fidèle, mais la mastication restait artificielle, et les spaghettis semblaient flotter à la fin de la vidéo. En mai, un utilisateur a utilisé Veo 3 de Google, mais les bruits de mastication étaient trop secs, trop « crunch », trahissant une incohérence sonore. Une version ultérieure, Veo 3.1, s’approche davantage de la réalité. OpenAI, avec son modèle Sora, est aujourd’hui considéré comme le leader du marché. La sortie de Sora 2, accompagnée d’une application mobile inspirée de TikTok, a suscité un engouement mondial. Mais cette puissance a aussi soulevé des tensions : des cas de contrefaçon de visages célèbres, comme ceux de SpongeBob ou de Martin Luther King Jr., ont poussé OpenAI à renforcer ses contrôles. En septembre, la société a dû ajouter des barrières supplémentaires contre les utilisations non autorisées de ressemblances. Les concurrents ne sont pas en reste. Google et xAI d’Elon Musk s’activent : en juillet, xAI a lancé Grok Imagine, son générateur vidéo texte-à-image. Parallèlement, les droits d’auteur s’imposent comme un frein majeur. Juste avant le lancement de Sora 2, Disney, Universal, Warner Bros. et d’autres géants ont intenté un procès contre MiniMax pour violation de droits. Cameo, plateforme de vidéos personnalisées, a également poursuivi OpenAI, reprochant la désignation de sa fonction principale « cameos », une référence directe à son propre service. Un juge fédéral a même temporairement interdit à OpenAI d’utiliser ce mot. Dans les coulisses, les débats politiques s’intensifient. Certains législateurs s’alarment de voir des vidéos d’eux-mêmes prononcer des discours qu’ils n’ont jamais tenus. Malgré les tensions, l’IA vidéo ne recule pas. Coca-Cola, par exemple, a réutilisé Sora, Veo 3 et Luma AI pour sa campagne publicitaire de Noël, montrant que la technologie est désormais intégrée dans des projets commerciaux majeurs. Le test des spaghettis, une épreuve anodine, a ainsi révélé l’essor fulgurant, et les enjeux complexes, d’une technologie qui n’est plus seulement un outil, mais un acteur du monde réel.

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