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il y a 15 heures
Robotique

Unitree G1 : première chirurgie par robot humanoïde

Une équipe de l’université de Californie à San Diego a réalisé, le 8 juillet, une première mondiale en effectuant une cholécystectomie laparoscopique sur un porc vivant à l’aide d’un robot humanoïde grand public. Les résultats de cette expérience, publiés dans la revue Nature, démontrent la faisabilité technique d’une telle intervention, tout en soulignant les défis restant avant toute application clinique. Le robot utilisé, un Unitree G1 surnommé Surgie, mesure 1,5 mètre et pèse 27 kilogrammes. Contrairement aux systèmes chirurgicaux dédiés comme le da Vinci, qui exigent des plateformes lourdes et spécialisées, Surgie a été adapté pour la salle d’opération via un système de fixation permettant l’usage d’instruments laparoscopiques commerciaux. Un chirurgien humain, installé à un poste de contrôle, pilotait les bras de la machine à distance grâce à un casque de réalité virtuelle et à des manettes mains. La majeure difficulté technique résidait dans le maintien du centre de mouvement distant, point de pivot virtuel des instruments à travers la paroi abdominale. Pour y parvenir sans mécanique dédiée, l’équipe a collé des marqueurs visuels autour des orifices d’insertion et développé un algorithme ajustant en temps réel la posture des bras. En essais in vitro, la précision de Surgie s’est révélée comparable à celle des robots chirurgicaux conventionnels, bien que sa vitesse soit moindre. Le système enregistre un délai de réponse d’environ 156 millisecondes. Lors des deux interventions sur vif, aucune conversion vers une chirurgie classique n’a été nécessaire. Les étapes anatomiques critiques se sont déroulées sans interruption majeure, bien que le système ait connu plusieurs arrêts longs causés par la dérive du pivot virtuel, provoquée par la respiration de l’animal et les microdéplacements de la base. De légères complications, comme un écoulement biliaire et un saignement local, ont été maîtrisées sans gravité. Cette percée vise avant tout à répondre aux inégalités d’accès aux soins chirurgicaux. Le coût élevé, l’encombrement et la complexité d’installation des robots médicaux actuels les rendent inaccessibles dans les zones rurales ou les régions à faibles ressources. Un humanoïde polyvalent, capable de transporter du matériel ou de préparer une salle, offre une alternative théoriquement déployable partout. Les chercheurs espèrent une future collaboration homme-machine où le robot soulagerait les équipes en sous-effectif. Néanmoins, la voie vers la pratique clinique reste longue. Le système manque encore d’autonomie, de force suffisante, d’amplitude de mouvement complète et d’un protocole stérile validé. Comme pour les premiers robots chirurgicaux il y a deux décennies, un fossé persiste entre la démonstration technique et l’usage médical quotidien. Les auteurs reconnaissent que des améliorations majeures en stabilité, vitesse et ergonomie sont nécessaires avant de remplacer ou assister durablement les équipes chirurgicales humaines.

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