Revoir l’Initiative nationale quantique pour accélérer la suprématie américaine en science et technologie
Les technologies quantiques émergent comme des piliers essentiels de la compétitivité économique, de la sécurité nationale et du leadership scientifique au 21e siècle. La direction stratégique américaine en matière de science de l’information quantique est cruciale pour transformer les progrès en informatique, capteurs, réseaux et matériaux en technologies sécurisées, des industries innovantes et une main-d’œuvre qualifiée. Pour préserver cet avantage, le Congrès doit reprendre et renouveler l’Initiative nationale quantique (NQI), adoptée en 2018 sous la présidence de Donald Trump. Ce cadre interagences, soutenu par des universités, des laboratoires nationaux et l’industrie, a permis une progression accélérée grâce à un financement soutenu, à l’accessibilité à des infrastructures partagées et à un écosystème de recherche mondial. Depuis, des avancées majeures ont été réalisées en cohérence des qubits, fidélité des portes logiques et évolution des systèmes, passant de démonstrations isolées à des architectures évolutives. Ces progrès ont tracé une trajectoire crédible vers des systèmes quantiques utiles, renforçant l’importance d’un engagement national à long terme. En décembre 2025, le sous-secrétaire à la science, le Dr Darío Gil, a présenté devant la Commission des sciences de la Chambre des représentants la « Mission Génèse », une vision ambitieuse visant à mobiliser les laboratoires nationaux, l’industrie et l’université pour créer une plateforme intégrée d’exploration scientifique capable de doubler la productivité de la recherche aux États-Unis d’ici une décennie. Il a souligné que l’intelligence artificielle (IA) et l’informatique quantique ne sont plus des outils séparés, mais les fondations d’un nouveau type de superordinateur. Comme les télescopes et les microscopes ont révolutionné notre perception du monde, ces systèmes convergents deviennent les nouveaux instruments scientifiques du XXIe siècle, permettant de décrypter la complexité du réel. Pour concrétiser cette vision, il est indispensable de briser les silos et d’assurer une intégration systématique entre l’IA et le calcul quantique, car les applications les plus prometteuses émergeront précisément de cette synergie, intégrées dans des flux de travail accélérés par l’IA. C’est pourquoi la reprise de la NQI est urgente. La stratégie actuelle, fondée sur une compréhension antérieure, ne reflète pas pleinement la convergence récente entre IA et calcul quantique. Une NQI renouvelée devrait explicitement soutenir l’intégration de l’IA, du calcul accéléré et des processeurs quantiques, afin de faire émerger des systèmes largement utilisables et de positionner les États-Unis en tête de la prochaine phase de l’informatique. Un « superordinateur quantique-GPU » représente l’aboutissement de cette intégration : un système où processeurs classiques (CPU, GPU) et processeurs quantiques (QPU) coopèrent en temps réel, permettant de dépasser les limites des dispositifs bruyants actuels. NVIDIA, en collaboration avec des institutions américaines, a déjà fourni des composants clés, notamment des architectures ouvertes et des outils d’IA pour la correction d’erreurs quantiques, la calibration matérielle et la découverte d’algorithmes plus efficaces. Toutefois, intégrer ces technologies à grande échelle dans des infrastructures résilientes exige une action fédérale. Les laboratoires nationaux doivent jouer un rôle pilote en démontrant ces systèmes sur des plateformes nationales, en validant les architectures dans des environnements ouverts et en créant les fondations d’un marché commercial compétitif. Face aux objectifs ambitieux du Département de l’énergie, comme le déploiement d’un superordinateur quantique scientifiquement utile d’ici 2028, la NQI doit évoluer d’un programme de découverte vers un programme de déploiement systémique. Revoir et renouveler la NQI permettrait de transformer le leadership américain en recherche et en IA en un avantage durable, assurant la suprématie américaine au-delà de l’ère de l’IA. Le Congrès doit faire de cette reprise une priorité nationale.
