Big Tech licencie des milliers de salariés, mais recrute aussi des centaines de milliers d'autres
Les grandes entreprises technologiques, souvent appelées Big Tech, ont procédé à des licenciements massifs au cours des derniers mois, tout en continuant à recruter activement, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle. En 2023, Meta, par exemple, comptait plus de 77 000 employés, puis a réduit son effectif à 67 000 après plusieurs vagues de licenciements. Cependant, depuis ce moment, l'entreprise a progressivement recruté à nouveau et, au premier trimestre de cette année, son effectif est revenu à environ 76 834 employés, proche du niveau d'il y a deux ans. Un phénomène similaire est observé chez Google, qui a vu son effectif passer de 182 000 à 179 600 après des licenciements, puis s'élèver à 187 000. Microsoft, quant à elle, a également licencié des milliers de salariés, mais son PDG, Satya Nadella, affirme que le nombre d'employés reste "relativement inchangé", avec une estimation de 228 000 travailleurs à temps plein. Cette situation reflète une stratégie paradoxale : les entreprises veulent montrer leur rigueur financière en réduisant les coûts, tout en investissant massivement dans l'intelligence artificielle, un secteur jugé crucial pour leur avenir. Certains employés, surtout ceux travaillant sur des projets liés à l'IA, sont récompensés par des salaires et des packages financiers exceptionnels, parfois supérieurs à ceux des dirigeants de l'entreprise. D'autres, en revanche, sont licenciés, souvent pour des raisons de restructuration ou de priorisation des projets. Cette approche soulève des questions sur la manière dont les dirigeants de ces entreprises évaluent la valeur de leurs employés. Selon MG Siegler, une figure du milieu technologique, les entreprises disent à certains que leur contribution est inestimable, tout en laissant entendre à d'autres qu'ils ne sont plus nécessaires. Cette dualité s'explique par la perception des dirigeants : pour eux, réussir dans l'IA est une question de survie. Les investissements dans ce domaine sont donc considérés comme essentiels, même s'ils impliquent des dépenses élevées. En parallèle, les licenciements visent à démontrer à Wall Street que les entreprises restent prudentes et capables de gérer leurs coûts. Les experts du secteur soulignent que cette stratégie peut être une réponse à la pression des actionnaires, qui exigent une rentabilité, tout en restant compétitifs dans un secteur en pleine mutation. Cependant, elle peut aussi créer un climat d'incertitude au sein des employés, qui ne savent pas si leur poste est sécurisé. En somme, cette combinaison de licenciements et de recrutements illustre la tension entre la nécessité de réduire les coûts et l'urgence d'innover dans l'IA, un domaine qui pourrait déterminer la réussite ou l'échec des géants technologiques dans les années à venir.
