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AI n’est pas la faute : c’est la politique monétaire qui tue le marché de l’emploi

Le marché du travail américain traverse une période de faiblesse inquiétante, marquée par une hausse de l’emploi à long terme, un taux de chômage en progression (4,6 % en janvier 2024) et une concurrence accrue pour les postes, particulièrement chez les jeunes. Alors que l’intelligence artificielle (IA) est souvent pointée du doigt comme responsable de cette crise, les experts s’entendent pour dire qu’elle n’est qu’un facteur secondaire. Gbenga Ajilore, économiste en chef au Center for Budget Policy and Priorities, estime que l’IA n’est pas encore un moteur majeur de la transformation du marché du travail, et que l’économie est en réalité paralysée par d’autres facteurs structurels. Le vrai problème réside dans la politique monétaire de la Réserve fédérale, notamment l’augmentation massive du taux directeur, qui a grimpé de plus de 5 points de pourcentage entre 2022 et 2024, après des années de taux proches de zéro. Cette hausse, conçue pour freiner l’inflation, a rendu le crédit plus cher, poussant les entreprises à réduire leurs investissements, à freiner l’embauche et à procéder à des licenciements. Le « graphique le plus effrayant du monde » – qui montre la divergence entre la croissance du S&P 500 et la chute des offres d’emploi à partir de 2022 – est souvent interprété comme une preuve de l’impact dévastateur de ChatGPT. Or, ce moment coïncide aussi avec le début de la remontée des taux d’intérêt, un facteur plus déterminant. Les rapports du Beige Book, qui recueillent les observations des banques régionales de la Fed, révèlent que les entreprises ont commencé à réduire leurs recrutements et à annoncer des licenciements dès 2022, en lien direct avec les coûts de financement croissants, et non avec l’IA. Même si certaines entreprises comme Meta, Amazon ou Microsoft ont intégré l’IA pour améliorer la productivité, les effets concrets sur l’emploi restent limités. L’IA est davantage utilisée comme un outil d’optimisation que comme un remplaçant massif des travailleurs. En outre, des facteurs comme les tarifs douaniers instables, la baisse de l’immigration due aux politiques de déportation, et la pression budgétaire sur le secteur public (notamment par le programme DOGE) aggravent la situation. Les économistes, comme Scott Lincicome du Cato Institute, estiment que l’impact de l’IA sur l’emploi se fera sentir sur le long terme, sur des décennies, et qu’il ne sera pas catastrophique, mais progressif. L’IA créera certainement de nouveaux emplois tout en en rendant d’autres obsolètes, comme l’ont fait les ordinateurs, les téléphones portables ou Internet. Le vrai défi n’est pas la technologie, mais la gestion de l’économie dans un contexte de coûts de financement élevés, d’incertitude tarifaire et de ralentissement de la croissance. Le message clé : ne pas accuser les robots, mais comprendre que les décisions de la Réserve fédérale, et en particulier le taux directeur, sont les principaux responsables de la détresse actuelle du marché du travail.

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