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Bill Gates face à la critique : son appel à l’optimisme sur le climat suscite des tensions sur les solutions réelles

Bill Gates, dans un mémo publié mardi, appelle à une approche plus optimiste et moins alarmiste face au changement climatique, en insistant sur les progrès technologiques réalisés et sur la nécessité de se concentrer davantage sur l’amélioration des conditions de vie, notamment en luttant contre la faim et les maladies. Il prévoit que l’intelligence artificielle (IA) pourrait jouer un rôle clé dans ces efforts, notamment en aidant les agriculteurs à adapter leurs pratiques aux conditions climatiques changeantes. Ce message, diffusé à l’occasion des prochaines négociations climatiques de l’ONU, a suscité une vive critique. Pour de nombreux observateurs, notamment des activistes et des experts des communautés vulnérables, cette vision minimisatrice du risque climatique et son accent sur les solutions technologiques imposées par des acteurs privés comme Gates risquent de détourner l’attention des actions concrètes nécessaires pour réduire les émissions et assurer une transition juste. Gates affirme que l’image apocalyptique du changement climatique pousse la communauté climatique à se focaliser excessivement sur les objectifs d’émissions à court terme, au détriment d’initiatives plus larges visant à améliorer la santé, le développement humain et la résilience. Il estime que le réchauffement climatique, bien qu’important, ne menacera pas l’existence de la civilisation, et que le bonheur et la prospérité sont les meilleures défenses contre ses effets. Il propose de remplacer la mesure des températures par l’Indice de développement humain, un indicateur qui évalue la santé, l’éducation et le revenu. Pourtant, cette approche est perçue comme éloignée de la réalité vécue par les populations touchées par les événements extrêmes : inondations, ouragans, sécheresses. Dans les zones les plus vulnérables, comme les Philippines après le typhon Haiyan, les catastrophes climatiques détruisent les moyens de subsistance, poussant les personnes à migrer ou à tomber dans des situations de traite. Ces crises sont directement liées au réchauffement climatique, qui intensifie les tempêtes grâce à des océans plus chauds. Ignorer cette réalité revient à minimiser les enjeux pour les plus pauvres. Les critiques se concentrent aussi sur les projets agricoles soutenus par Gates, qui privilégient les semences brevetées, les engrais chimiques et les technologies énergivores, souvent imposées sans consultation des agriculteurs locaux. Gabriel Manyangadze, de l’Institut africain des communautés religieuses pour l’environnement, souligne que les fermiers ont besoin d’accès à l’eau — par exemple via des pompes solaires — plutôt que d’informations IA sans accompagnement matériel. Une lettre ouverte signée par plusieurs organisations africaines accuse la Fondation Gates de renforcer un modèle agricole industriel et corporatif, au détriment des savoirs traditionnels et de la souveraineté alimentaire. Des militants comme Loren Cardeli rappellent que « l’avenir de l’alimentation et du climat doit être façonné par ceux qui nourrissent leurs communautés, pas par des milliardaires qui parient sur la prochaine solution brevetée ». Bien que Gates appelle à éliminer le « surcoût vert » des technologies propres — une ambition légitime —, son approche risque de légitimer les pollueurs tout en occultant les inégalités structurelles. Le défi n’est pas de choisir entre responsabilité climatique et prospérité humaine, mais de les combiner. L’action climatique doit être à la fois ambitieuse, équitable et ancrée dans les besoins réels des populations, pas dans des solutions technocratiques imposées.

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