L’IA aux deux visages : génie ou idiot ? Décryptage de la "frontière inégale" qui change nos vies
L’intelligence artificielle est un génie dans certains domaines, mais un véritable dilettante dans d’autres. Bienvenue sur le « bord irrégulier » de l’IA. Parfois, j’utilise ChatGPT et je suis frappé par la clarté évidente que l’IA va transformer ma vie. J’y recours de plus en plus chaque jour. Mais d’autres fois, je me mets à crier contre ChatGPT en majuscules, parce qu’il échoue lamentablement à accomplir des tâches simples — des choses que je pourrais aisément confier à un élève de CM2. Et pire encore : il ne reconnaît pas son incapacité, et au lieu de l’admettre, il tente de me donner une réponse bidon, en feignant de savoir. Cela me rend méfiant, et je me demande si je dois encore lui faire confiance. Ce sentiment vous est-il familier ? Il s’avère que le monde de l’IA a un terme précis pour décrire cette dualité : « le bord irrégulier », un concept introduit dans une étude de 2023. Autrement dit, l’IA excelle dans certaines tâches, mais se révèle lamentable dans d’autres — sans prévenir. Comme le souligne Anastasios Angelopoulos, PDG et cofondateur de LMArena, un outil populaire d’évaluation des performances : « Elle peut être une Ferrari en mathématiques, mais un âne pour organiser votre agenda. » Cette observation provient d’un rapport qui examine les difficultés rencontrées par les entreprises lors de l’intégration de l’IA dans leurs processus. Un thème que l’on entend de plus en plus souvent ces derniers mois. Par exemple, une étude du MIT a révélé que 95 % des entreprises ne voyaient aucun retour sur leur investissement en IA. Ce phénomène touche directement à la question cruciale : « L’IA est-elle une bulle ? Et quand va-t-elle éclater ? » Une question légitime, d’autant que près de 2 billions de dollars ont été investis dans ce domaine. Mais peut-être que ce n’est pas la question la plus pertinente. Car l’IA ne disparaîtra pas. Beaucoup d’entre nous, professionnels comme particuliers, allons continuer à l’utiliser, peu importe les risques. Une question plus pratique s’impose donc : Quelles tâches peut-on désormais confier à l’IA avec une fiabilité suffisante pour les intégrer dans notre quotidien ? Quelles sont celles qui demanderont encore du temps, voire resteront hors de portée ? Et y a-t-il des tâches que nous ne devrions jamais laisser à une machine ? C’est précisément ce que nous sommes en train de découvrir, en temps réel, à travers des expérimentations continues dans les entreprises, les bureaux et nos foyers.
