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Trois dirigeants d’IA s’alarment : la taxe de 100 000 dollars sur les visas H-1B menace les startups et l’innovation américaine

L’annonce par Donald Trump d’un droit de demande de visa H-1B fixé à 100 000 dollars a provoqué une vive inquiétude au sein de la Silicon Valley, notamment parmi les dirigeants d’entreprises technologiques spécialisées en intelligence artificielle. Trois chefs d’entreprise, Arvind Jain (Glean), May Habib (Writer) et Suzanne Rabicoff (The Pie Grower), ont exprimé leurs préoccupations face à cette mesure, estimant qu’elle risque de freiner l’innovation et de renforcer le monopole des géants du tech au détriment des startups. Arvind Jain, fondateur et PDG de Glean, une entreprise spécialisée dans les chatbots et agents d’IA pour les entreprises, souligne que l’accès au talent mondial a toujours été un pilier de la force des entreprises américaines. Né en Inde et formé à l’IIT Delhi, il a commencé sa carrière aux États-Unis chez Microsoft avant de créer Glean en 2019. Avec une valorisation de 7,2 milliards de dollars, l’entreprise reste fidèle à son objectif d’embauche des meilleurs talents, indépendamment du statut visa. Bien que Glean ne révèle pas le nombre de ses salariés en H-1B, elle affirme que ses plans de recrutement ne seront pas modifiés, mais que la politique actuelle reste un risque pour l’innovation à long terme. May Habib, cofondatrice de Writer, une plateforme d’IA développant ses propres modèles linguistiques, est encore plus critique. Issue du Liban et diplômée de Harvard, elle a fondé son entreprise en 2020 avec Waseem AlShikh. Avec une valorisation proche de 2 milliards de dollars, Writer emploie actuellement 10 personnes en H-1B. Pour elle, le nouveau droit de 100 000 dollars rend impossible pour les startups de 20 personnes d’embaucher du personnel étranger, ce qui donne un avantage décisif aux géants du tech comme Meta, Apple ou Google, capables de supporter ces coûts. « Cela menace l’écosystème startup qui a alimenté l’innovation américaine depuis 75 ans », affirme-t-elle, insistant sur l’importance de la diversité dans la création d’IA. Suzanne Rabicoff, fondatrice de The Pie Grower, un think tank sur la gestion des équipes dans l’ère de l’IA, adopte une perspective différente. Elle estime que cette mesure pourrait être une opportunité pour développer les talents américains. Elle cite un post de Phil Fersht, fondateur d’HFS Research, qui appelle à réinvestir dans des académies locales pour former les diplômés américains à des métiers clés comme l’ingénierie cloud, la cybersécurité ou l’IA appliquée. « Pourquoi ne pas essayer de créer quelque chose de supérieur avec les ingrédients de notre propre frigo ? », s’interroge-t-elle. Elle reconnaît l’importance de l’immigration, mais craint que cette politique profite surtout aux FAANG, qui resteront les seuls à pouvoir attirer les meilleurs talents étrangers. En somme, ces dirigeants s’interrogent sur l’impact stratégique de cette mesure : si elle vise à stimuler le développement du talent national, elle pourrait au contraire consolider le pouvoir des géants du tech, au détriment de l’innovation décentralisée et de la diversité qui ont longtemps caractérisé l’innovation américaine.

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