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Albanie nomme un chatbot IA comme ministre anti-corruption

En Albanie, un ministre anti-corruption est en réalité une IA : Diella, un chatbot alimenté par l’intelligence artificielle. Le Premier ministre eddi Rama a annoncé cette semaine que Diella, dont le nom signifie « Soleil » en albanais, deviendrait le nouveau ministre chargé de la lutte contre la corruption. Lancé en janvier de cette année comme assistant virtuel pour le portail numérique e-Albania, Diella était initialement conçu pour aider les citoyens à accéder aux services gouvernementaux. Basé sur le modèle linguistique de grande taille d’OpenAI et hébergé sur la plateforme cloud Microsoft Azure, le système est désormais chargé d’un rôle bien plus stratégique : surveiller et gérer l’attribution des marchés publics, une fonction clé dans la lutte contre la corruption. Selon Rama, Diella, « le premier membre du cabinet qui n’est pas physiquement présent mais créé virtuellement par l’intelligence artificielle », aura pour mission de garantir que tous les appels d’offres soient « 100 % exempts de corruption ». Les décisions d’attribution des contrats publics seront désormais retirées des mains des ministères et confiées entièrement à Diella, qui sera qualifiée de « servante de la passation des marchés publics ». Le chatbot évaluera chaque proposition soumise par des entreprises privées sur la base de critères objectifs, en se concentrant sur la qualité, le prix et les compétences, tout en éliminant les biais humains ou les pressions exercées par des intérêts particuliers. Ce choix s’inscrit dans un contexte où l’Albanie, candidate à l’adhésion à l’Union européenne depuis 2009, fait face à des critiques répétées de la part des institutions européennes sur les niveaux élevés de corruption, notamment dans les marchés publics. Le pays a néanmoins progressé en adoptant des réformes majeures, notamment en éliminant des juges et des procureurs liés à des réseaux criminels. L’implémentation d’une IA dans un domaine aussi sensible comme la passation des marchés publics pourrait représenter une avancée significative, à condition que le système soit conçu pour être transparent, équitable et protégé contre les biais présents dans les données d’entraînement. Cependant, il est important de rappeler que l’intelligence artificielle n’est pas intrinsèquement neutre. Elle reflète les préjugés et les imperfections des données sur lesquelles elle est formée. Son efficacité dépendra également de la qualité des informations qu’elle reçoit et du cadre dans lequel elle est déployée. Si elle est utilisée pour renforcer la transparence et la justice, elle pourrait devenir un outil puissant contre la corruption. Mais si elle est manipulée ou biaisée par ceux qui la contrôlent, elle risque de perpétuer les mêmes dynamiques de pouvoir et d’impunité. Ainsi, l’expérience albanaise soulève des questions fondamentales : peut-on vraiment confier à une machine la gestion d’un pouvoir aussi central que celui de l’attribution des contrats publics ? Et surtout, comment garantir que l’IA ne devienne pas un outil de contrôle plus subtil, plutôt qu’un garant de justice ? Le test, désormais, est moins technique que politique : la capacité de l’Albanie à maintenir l’intégrité de son système, même lorsqu’il est géré par une intelligence artificielle.

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