Intel abandonne définitivement le tick-tock, priorise l’IA et avoue des rendements insuffisants sur son processus 18A
Intel ne reviendra pas au modèle « tick-tock », et tout ce que j’ai appris depuis Alors que Windows 10 approche de la fin de sa vie, l’industrie du PC connaît une croissance attendue depuis 2021, marquée par la reprise post-pandémie. Mais Intel, en difficulté financière et ayant récemment reçu des soutiens cruciaux de Nvidia, SoftBank et le gouvernement américain, peine à tirer parti de cette opportunité. Lors de son appel aux résultats du troisième trimestre 2025, la société a enregistré sa première profitabilité depuis près de deux ans, principalement grâce à ces aides. Le PDG Lip-Bu Tan et le directeur financier David Zinsner ont expliqué que la société souffre encore de pénuries de puces, qui devraient atteindre leur pic au premier trimestre 2026. Face à cette contrainte, Intel privilégiera les puces serveur pour l’IA, au détriment des processeurs grand public. « Nous prévoyons une légère baisse des ventes de CCG [processeurs grand public] et une forte croissance pour DCAI [puces serveur pour l’IA], car nous devons allouer la capacité de production aux serveurs », a déclaré Intel. Le groupe annonce désormais un lancement annuel de nouvelles GPU pour l’IA, s’alignant ainsi sur le rythme de Nvidia et AMD, en réaction à la demande massive pour les serveurs d’intelligence artificielle. Cette évolution laisse planer des incertitudes sur l’avenir des GPU gaming Intel. Malgré l’attente autour du nouveau processeur Panther Lake et du procédé 18A, Intel confirme qu’il ne lancera qu’un seul modèle cette année, avec une mise en œuvre progressive des autres en 2026. Une raison ? Zinsner a indiqué que Panther Lake sera « assez coûteux » au départ, ce qui pousse la société à promouvoir davantage ses puces Lunar Lake dans la première moitié de l’année. En dépit des récentes affirmations de Tan sur la maturité du procédé 18A, Zinsner a admis que les rendements sont « suffisants pour répondre à la demande, mais pas assez élevés pour assurer des marges appropriées ». Il envisage un niveau acceptable de rendement seulement vers 2026, voire 2027. Pour l’instant, Intel travaille en étroite collaboration avec ses clients pour optimiser sa production, en ajustant les prix et le mix de produits afin de rediriger la demande vers les offres disponibles. Cela signifie probablement des incitations financières aux fabricants de PC pour privilégier les puces Lunar Lake ou d’autres modèles existants. Tan a souligné qu’il ne renouvellerait pas d’investissements massifs en capacité sans une demande externe clairement engagée, et Zinsner a précisé que les investissements prévus pour 2026 n’auront pas d’impact significatif sur les attentes. Intel insiste sur le fait que le procédé 18A sera un nœud « longévité », alimentant au moins trois générations de produits client et serveur. Toutefois, l’ère du « tick-tock » — alternance régulière entre réduction de taille et nouvelles architectures — est définitivement terminée. En revanche, le prochain nœud, 14A, n’est pas annulé. Tan a exprimé une « grande satisfaction » et une « plus grande confiance » dans ce projet, soutenu par des clients. Zinsner a ajouté que 14A est « bien lancé », avec des performances et des rendements supérieurs à ceux de 18A à ce stade. Évaluation : Les experts du secteur estiment que la stratégie d’Intel, centrée sur l’IA et la gestion des capacités, est nécessaire mais risquée. En privilégiant les serveurs, la société tente de redorer son image, mais risque de perdre du terrain sur le segment grand public, où AMD et Nvidia progressent. L’avenir de 14A est un signe encourageant, mais la lenteur de 18A souligne les défis techniques persistants. Intel doit désormais prouver qu’elle peut équilibrer innovation, production et rentabilité.
