Fusion potentielle de SpaceX : impacts sur l'empire d'Elon Musk
L’intégration de SpaceX et de xAI s’inscrit pleinement dans la vision d’Elon Musk pour un avenir alimenté par l’intelligence artificielle. Alors que SpaceX se prépare à une introduction en bourse (IPO) potentielle pouvant atteindre 1,5 trillion de dollars, des rapports récents suggèrent que le groupe envisage des fusions majeures avec Tesla, sa société automobile, ou avec son entreprise d’IA, xAI. Ces trois entités, déjà étroitement liées, ont vu leurs liens s’approfondir : Tesla a récemment annoncé un investissement de 2 milliards de dollars dans xAI, après que SpaceX eut fait de même l’année dernière. En outre, Tesla a intégré le chatbot Grok de xAI dans ses véhicules dès juillet, et évoque désormais des collaborations potentielles en matière d’IA. Cette réunion d’actifs ne serait pas sans précédent. En mars, Musk avait annoncé que xAI avait racheté X, l’ancien Twitter, acquis par son entreprise pour 44 milliards de dollars en 2022. Toutefois, fusionner SpaceX ou Tesla avec xAI marquerait une escalade significative de ce que l’on appelle la « Muskonomy » — l’empire industriel en expansion de Musk. Cette consolidation pourrait transformer le paysage technologique mondial. D’un point de vue stratégique, la combinaison de SpaceX et xAI s’aligne sur une vision à long terme : construire des centres de données dans l’espace. Musk affirme que l’espace, grâce à l’énergie solaire abondante et à l’absence de besoin d’eau pour le refroidissement, deviendra le lieu le moins coûteux pour entraîner les modèles d’IA. À Davos, il a évoqué des satellites d’IA alimentés par le soleil, capables de consommer des centaines de térawatts d’énergie par an. SpaceX, avec son lanceur Starship et son réseau Starlink, pourrait offrir l’infrastructure nécessaire pour un réseau orbital de calcul d’IA, donnant à xAI un avantage concurrentiel face à OpenAI ou Google, qui explorent également des solutions spatiales. Le rapprochement avec Tesla serait plus complexe, mais pas moins stratégique. Bien que leurs activités actuelles semblent moins liées, Tesla évolue vers une entreprise d’IA et de robotique, avec l’abandon des modèles X et S pour libérer les lignes de production à l’Optimus, son robot humanoïde. Le groupe développe aussi une importante capacité de stockage d’énergie et ambitionne de produire jusqu’à 100 gigawatts par an d’énergie solaire aux États-Unis. Musk a également évoqué la création d’une « terafab » pour fabriquer des puces d’IA avancées, potentiellement destinées à alimenter les satellites d’IA de SpaceX. Au cœur de ces projets : la colonisation de Mars, une obsession de Musk, qui voit Starship comme le vecteur de missions non habitées vers la planète rouge, y transportant notamment des Optimus. Cette vision intégrée, où l’énergie, l’IA, l’espace et la robotique convergent, montre que Musk pense déjà à une restructuration profonde de son empire. Depuis 2020, il a même répondu positivement à l’idée de fusionner SpaceX, Tesla et la Boring Company. Ce nouvel élan vers une consolidation des entreprises pourrait bien définir le prochain chapitre de la « Muskonomy ».
