Elon Musk dévoile son plan fou : des centres de données d’IA en orbite d’ici 2028
Elon Musk s’apprête à concrétiser son projet d’infrastructures informatiques en orbite. Vendredi, SpaceX a déposé auprès de la FCC un plan visant à déployer un réseau de million de satellites fonctionnant comme des centres de données spatiaux. À première vue, cette initiative pouvait sembler une provocation ou une blague, mais une semaine plus tard, les faits montrent que Musk est sérieux. Le rapprochement officiel entre SpaceX et xAI, intervenu lundi, renforce cette vision : en fusionnant ses ambitions spatiales et ses ambitions en intelligence artificielle, Musk prépare un projet d’envergure où les données et le calcul IA seraient déplacés vers l’espace. Ce rapprochement n’est pas seulement symbolique ; il s’inscrit dans une stratégie d’intégration technologique et économique cohérente. Le 1er avril, la FCC a accepté le dépôt du dossier et a ouvert une période de commentaires publics — une formalité habituelle, mais marquée par une attention inhabituelle. Le président de la FCC, Brendan Carr, a partagé le document sur X, ce qui a suscité des interprétations sur la volonté politique de soutenir les projets de Musk, en particulier dans le contexte actuel de soutien de celui-ci à Donald Trump. Cette proximité politique pourrait faciliter l’approbation du projet, malgré les questions techniques et réglementaires. Dans un épisode récent du podcast Cheeky Pint, co-fondé par Patrick Collison, Musk a exposé publiquement les arguments derrière son projet. Il affirme que l’espace offre un avantage énergétique majeur : les panneaux solaires produisent environ cinq fois plus d’énergie en orbite qu’à la surface terrestre, en raison de l’absence d’atmosphère et de nuit. Cette densité d’énergie, selon lui, permettrait de réduire drastiquement les coûts d’exploitation des centres de données, notamment en matière d’alimentation électrique — un poste majeur pour les data centers modernes. Cependant, cette logique n’est pas sans faille. Comme le souligne Dwarkesh Patel, invité du podcast, l’énergie n’est qu’un des coûts d’un data center. Les dépenses liées au refroidissement, à la maintenance, à la latence réseau, à l’envoi de données depuis la Terre, ou encore à la réparation des composants (comme les GPU en cas de panne) sont considérables. Le transport et la gestion des équipements en orbite posent des défis techniques et financiers majeurs, que Musk n’a pas entièrement élucidés. Malgré ces réserves, Musk reste confiant. Il fixe 2028 comme année charnière, prédit que « dans 30 mois, le lieu le plus économique pour le calcul IA sera l’espace », et affirme que d’ici cinq ans, l’IA lancée en orbite dépassera en volume l’ensemble de l’IA terrestre depuis sa création. Ces prévisions sont ambitieuses, d’autant que la capacité mondiale des data centers devrait atteindre 200 GW d’ici 2030, représentant environ un trillion de dollars d’investissements. Pour SpaceX, ce projet est stratégique : il combine sa capacité de lancement avec une nouvelle source de revenus via des services d’IA en orbite. Avec l’IPO prévue dans quelques mois pour la nouvelle entité SpaceX-xAI, les annonces autour des centres de données spatiaux ne manqueront pas d’alimenter l’actualité technologique et financière. Si les défis restent énormes, le pari de Musk pourrait bien transformer la géographie du calcul intensif.
