OpenAI lance une offensive massive sur le marché SaaS : les géants comme Salesforce, HubSpot et DocuSign en ligne de mire
OpenAI a lancé une offensive directe contre l’industrie du logiciel. Avec le déploiement de ses outils d’intelligence artificielle dédiés à la vente, au support client et à l’analyse de contrats, la société, dirigée par Sam Altman, ne se contente plus de fournir l’infrastructure IA aux entreprises : elle devient désormais un concurrent direct du marché du logiciel en tant de service (SaaS). Pendant des années, OpenAI a été un partenaire essentiel, permettant aux éditeurs de logiciels d’intégrer des fonctionnalités d’IA dans leurs produits. Aujourd’hui, elle construit ses propres applications pour automatiser des processus clés de l’entreprise, transformant ainsi son rôle d’acteur de soutien en celui de rival. Cette stratégie s’est concrétisée avec la publication d’une série intitulée « OpenAI on OpenAI », qui révèle comment la startup utilise ses propres outils pour gérer ses opérations internes. Des agents IA pilotent désormais les processus de vente, analysent les contrats juridiques, répondent aux demandes clients et optimisent les flux financiers. Ces outils, conçus à partir des meilleures pratiques des experts en vente ou en droit, permettent de gagner du temps, d’améliorer la qualité du service et de libérer les équipes humaines pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Le marché réagit aussitôt. Les actions de plusieurs géants du SaaS ont chuté : HubSpot a perdu 10 %, DocuSign 12 %, ZoomInfo 6 %, et Salesforce a vu ses parts baisser de plus de 3 % en une journée, soit une perte de 28 % sur l’année. Les analystes de RBC soulignent un « surcroît de concurrence » pour les entreprises dont les produits se chevauchent avec ceux d’OpenAI, notamment dans les domaines de la gestion des relations clients (CRM) et de la gestion contractuelle — des secteurs dominés par Salesforce. Pour les éditeurs de logiciels, cette évolution pose un dilemme stratégique : intégrer les outils d’OpenAI pour rester compétitifs, ou lutter contre une menace directe. Le prix sera déterminant. Si OpenAI adopte un modèle de tarification par utilisateur, les concurrents risquent d’être écrasés par la concurrence. Un modèle basé sur l’usage, en revanche, pourrait inciter à une intégration plutôt qu’à une confrontation. OpenAI affirme que son objectif n’est pas de remplacer les humains, mais de les amplifier. En incorporant l’expertise des meilleurs vendeurs ou des avocats contractuels dans ses systèmes d’IA, la société vise à standardiser les meilleures pratiques à l’échelle de l’entreprise. Selon ses propres chiffres, ses équipes ont gagné en efficacité : les agents du support se sont concentrés sur la conception de systèmes plutôt que sur le traitement de tickets, et les équipes financières ont réduit de manière significative le temps nécessaire pour examiner des contrats. En somme, OpenAI n’est plus seulement un fournisseur d’IA. Elle est devenue une plateforme SaaS en propre. Pour les leaders du secteur, cela signifie une nouvelle ère de choix : collaborer ou combattre. Le futur du logiciel enterprise dépend désormais de la capacité à intégrer ou à résister à l’IA au cœur même des opérations.
