Google franchit le seuil des 3 billions de dollars de capitalisation boursière grâce à l’essor de l’IA
Le 11 septembre, Alphabet, la société mère de Google, est devenue la quatrième entreprise au monde à atteindre une capitalisation boursière de 3 billions de dollars, un palier atteint grâce à une hausse de seulement 4 % de ses actions. Cette performance s’inscrit dans un contexte de forte exubérance liée à l’intelligence artificielle (IA), un secteur qui a porté en grande partie les valorisations de géants technologiques comme Nvidia, Microsoft et Apple, les trois premiers à franchir ce seuil. L’annonce d’un jugement fédéral américain, selon lequel Google peut conserver son navigateur Chrome malgré son monopole sur le moteur de recherche, a également soutenu le moral des investisseurs. Le juge a estimé que l’IA générative pourrait bientôt constituer une menace sérieuse à la domination de Google, incitant la société à intégrer massivement l’IA dans ses produits, notamment via son chatbot Gemini. Le lancement de Google Gemini a été un tournant : en quelques jours, l’application est devenue le logiciel gratuit le plus téléchargé sur l’App Store d’Apple, dépassant même ChatGPT d’OpenAI. Cette percée a renforcé la confiance des investisseurs, contribuant à la montée en flèche du cours d’Alphabet. L’effet de levier de l’IA sur les marchés boursiers est indéniable. Nvidia, leader mondial des puces pour l’IA, a même atteint une capitalisation de 4 billions de dollars cet été, devenant la première entreprise au monde à franchir ce cap. Microsoft, soutenu par la croissance explosive de son cloud Azure, a également dépassé 4 billions de dollars, tandis qu’Oracle a vu son action bondir de plus de 42 % après l’annonce de revenus attendus de 500 milliards de dollars issus de contrats liés à l’IA. Malgré ces succès, des inquiétudes persistent. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a récemment reconnu que l’investissement dans l’IA était probablement excessif, affirmant que les marchés étaient « surexcités ». Un rapport du MIT a renforcé ces craintes : moins de 10 % des projets pilotes d’IA dans les entreprises ont généré des gains économiques réels. Des données du Bureau du recensement américain montrent même une baisse de l’adoption de l’IA, même chez les grandes entreprises. Les économistes s’alarment : une étude de la Réserve fédérale a mis en garde contre des conséquences « désastreuses » si les investissements en IA ne se traduisent pas par une croissance proportionnelle de la productivité, comparant la situation à l’expansion folle des chemins de fer au XIXe siècle. L’économiste Torsten Slok a même jugé cette bulle plus dangereuse que celle des dotcom de 1999. Le défi pour les entreprises et les marchés est donc clair : transformer l’enthousiasme technologique en valeur réelle, avant que la réalité ne rattrape l’excitation.
