Les data centers d’IA s’alimentent-ils en énergie renouvelable ? L’avenir de l’essor technologique dépend de la transition énergétique
Selon un rapport récent de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le monde dépensera 580 milliards de dollars en centres de données cette année — une somme supérieure de 40 milliards à celle consacrée à la recherche de nouvelles réserves pétrolières. Ces chiffres illustrent un bouleversement majeur de l’économie mondiale, où les centres de données deviennent une priorité stratégique, notamment sous l’impulsion de l’intelligence artificielle générative. Cette transformation soulève des inquiétudes quant à son impact environnemental, notamment sur la consommation énergétique et la pression exercée sur les réseaux électriques déjà sollicités. Cependant, une tendance positive émerge : de plus en plus de centres de données s’orientent vers les énergies renouvelables, en particulier le solaire. Comme l’explique Kirsten Korosec, cette transition est motivée autant par des considérations économiques que réglementaires : il est souvent plus facile d’obtenir des autorisations pour installer des panneaux solaires à côté d’un centre de données que pour développer d’autres infrastructures énergétiques. La demande énergétique devrait être particulièrement forte aux États-Unis, qui représenteraient la moitié de la consommation mondiale, suivis par la Chine et l’Europe. Un autre défi majeur réside dans l’emplacement des nouveaux centres : la plupart sont construits près de villes de plus d’un million d’habitants, ce qui complique la connexion au réseau électrique. Dans ce contexte, les énergies renouvelables ne sont plus seulement une option écologique, mais une nécessité économique. Des entreprises comme Redwood Materials, via sa nouvelle unité Redwood Energy, explorent des solutions innovantes, notamment en reprenant les batteries de véhicules électriques usagées pour créer des micro-réseaux autonomes destinés à alimenter les centres de données. Ces initiatives pourraient atténuer les risques de surcharge du réseau, notamment pendant les pics de consommation estivaux, comme ceux observés au Texas. Elles ouvrent également la voie à une nouvelle génération d’investissements dans les technologies de stockage et de gestion énergétique décentralisée. Toutefois, la question de la réalisation effective de ces projets demeure. Des annonces impressionnantes — comme les 1,4 trillion de dollars d’OpenAI, 600 milliards de Meta ou 50 milliards d’Anthropic — soulèvent des doutes sur la viabilité financière et la capacité des entreprises à concrétiser leurs ambitions. Le rôle du gouvernement pourrait être crucial, notamment via l’extension des crédits d’impôt prévus par la loi CHIPS, dont les entreprises demandent l’élargissement. En somme, bien que la croissance des centres de données pose des défis énergétiques et environnementaux, elle pourrait aussi accélérer la transition énergétique, en favorisant les renouvelables et les innovations technologiques. L’avenir dépendra autant de la capacité des entreprises à innover que de la volonté politique d’accompagner ce changement à grande échelle.
