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Une start-up de la Baltique s’approvisionne en pièces ukrainiennes pour ses drones, attirée par des innovations nées sur le champ de bataille

Une entreprise de drones lithuanienne, Granta Autonomy, s’approvisionne de plus en plus en composants ukrainiens, estimant que certaines technologies ne sont disponibles nulle part ailleurs. Son PDG, Gediminas Guoba, explique que la guerre en Ukraine a accéléré l’innovation sur le terrain, permettant aux fabricants ukrainiens de développer des solutions spécifiques aux réalités du combat moderne. Ces composants, souvent conçus ou adaptés en situation de guerre, offrent des performances éprouvées dans des conditions extrêmes — comme le couvert végétal ou les zones de brouillage radio — là où les technologies occidentales traditionnelles échouent. Parmi les exemples cités par Guoba figurent des mâts d’antenne conçus pour être légers, mobiles et efficaces sous les arbres, un besoin crucial pour les unités ukrainiennes cherchant à éviter la détection par les drones russes. De même, des détonateurs d’explosifs fabriqués en Ukraine, bien qu’existants ailleurs, ne sont pas conçus pour les drones ou produits à l’échelle nécessaire. En raison de restrictions d’exportation, certains composants militaires ukrainiens ne peuvent être vendus à l’étranger. Granta Autonomy les assemble donc directement en Ukraine, où les drones finis restent au service des forces ukrainiennes. L’entreprise, membre de l’OTAN, a livré près de 1 000 drones GA-10FPV-AI à l’Ukraine et signé des contrats pour près de 4 000 unités supplémentaires, ainsi que plus de 2 300 pour l’armée lituanienne. Elle utilise aussi des drones comme le Hornet XR, largement déployés sur le front. Guoba insiste sur l’importance de l’expérience terrain : ses équipes visitent régulièrement les zones de combat pour observer l’usage réel des équipements, recueillir des retours directs des opérateurs et affiner leurs produits. « Avant d’être un produit, c’est juste une idée », affirme-t-il, soulignant que seul le test au front donne une vraie valeur à une technologie. Cette dynamique s’inscrit dans un phénomène plus large : de nombreuses entreprises occidentales, notamment britanniques et danoises, cherchent à collaborer avec les firmes ukrainiennes pour bénéficier de leurs leçons d’ingénierie en temps réel. Le ministre britannique de la Défense, Luke Pollard, a même affirmé que toute entreprise de drones qui n’a pas ses produits au front en Ukraine « pourrait aussi bien abandonner ». Les retours des soldats, par messages ou appels vidéo, sont précieux pour améliorer les systèmes en temps réel. L’Ukraine, sous pression constante depuis l’invasion russe, a transformé son industrie de défense en un moteur d’innovation rapide. Elle produit désormais des drones et des composants non seulement pour remplacer les équipements occidentaux insuffisants, mais aussi pour répondre à des besoins spécifiques du combat moderne. Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, estime que l’Europe doit apprendre de cette résilience technologique. Pour Guoba, il s’agit aussi d’une question stratégique : réduire la dépendance à la Chine, qui domine le marché des drones, tout en développant une chaîne d’approvisionnement européenne plus autonome. Bien que des progrès soient observés, notamment dans la production de moteurs, des limites persistent. Pour lui, il est de son devoir de faire émerger des technologies européennes « aussi près de chez nous que possible ».

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