Les accords d'infrastructure d'OpenAI alimentent la révolution de l'IA
L’expansion fulgurante de l’intelligence artificielle pousse les géants technologiques à investir des sommes colossales dans l’infrastructure nécessaire à son fonctionnement. OpenAI, au cœur de cette révolution, mène une stratégie ambitieuse, soutenue par des partenariats stratégiques et des financements massifs. En mars, OpenAI a acquis une participation de 350 millions de dollars dans CoreWeave, tandis qu’en octobre, Nvidia a injecté 6,6 milliards de dollars dans le projet. Par ailleurs, Oracle a signé un accord de 40 milliards de dollars pour fournir des puces Nvidia à l’un des centres de données de OpenAI, le Stargate. En septembre, Nvidia a annoncé un investissement de 100 milliards de dollars dans OpenAI, obtenir en échange une part du capital et des revenus futurs. Malgré une prévision de chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars pour 2025, selon la CFO Sarah Friar, les dirigeants insistent sur la nécessité de « bold bets » pour accélérer la révolution technologique. Sam Altman, fondateur d’OpenAI, défend cette course effrénée à l’infrastructure, affirmant que l’IA exige une fondation bien plus vaste que les précédentes révolutions technologiques. Il est prêt à accepter des pertes à court terme pour garantir la croissance. Pourtant, certains analystes, comme Peter Boockvar, voient dans ces déploiements un signal inquiétant, rappelant les excès de la bulle internet des années 1990, mais à une échelle bien plus grande. Selon Bain & Company, la demande en puissance de calcul pourrait atteindre 200 gigawatts d’ici 2030, nécessitant des investissements annuels de 500 milliards de dollars. Pour couvrir ces coûts, les entreprises devraient générer 2 billions de dollars de revenus combinés — une somme qui reste hors de portée, laissant un déficit de 800 milliards de dollars. Les partenariats clés ont façonné le paysage : Microsoft a investi près de 14 milliards de dollars dans OpenAI en 2019, devenant son fournisseur cloud exclusif, avant que ce lien ne se desserre. OpenAI a désormais un droit de préemption sur Azure, mais peut désormais s’adresser à d’autres acteurs. Oracle, quant à lui, a signé deux accords majeurs : un contrat de 30 milliards de dollars en juin 2025, puis un engagement de 300 milliards de dollars pour 2027, transformant la société en acteur central de l’infrastructure IA. Meta, quant à elle, prévoit d’investir 600 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028, notamment avec deux centres ultra-sophistiqués : Hyperion en Louisiane (10 milliards de dollars, alimenté par une centrale nucléaire) et Prometheus en Ohio (alimenté au gaz naturel). Le projet Stargate, lancé en 2025 sous l’impulsion de Trump, SoftBank et OpenAI, visait à construire huit centres de données à Abilene, au Texas, pour un coût total de 500 milliards de dollars. Bien que le projet ait perdu de sa dynamique, la construction avance, avec l’achèvement prévu en 2026. En parallèle, des enjeux environnementaux émergent, comme le centre hybride d’xAI à Memphis, critiqué pour ses émissions polluantes. Face à cette course effrénée, les entreprises doivent équilibrer innovation, rentabilité et durabilité. L’IA, promesse d’un avenir transformateur, repose désormais sur une infrastructure aussi gigantesque qu’incertaine.
