Comment rester pertinent face à l’IA : les 3 clés selon le dirigeant d’EY
Joe Depa, directeur mondial de l’innovation chez EY, affirme que si l’on ne peut pas éviter l’intelligence artificielle, on peut au moins apprendre à évoluer avec elle. Face aux transformations profondes que provoque l’IA dans les métiers, il considère que l’adaptabilité deviendra la « nouvelle sécurité professionnelle » en 2026. « La capacité à s’adapter et à changer sera le facteur le plus important », souligne cet expert en charge des stratégies d’innovation, d’IA et de données au sein du cabinet de conseil des Grandes Quatre. Selon Depa, la formation continue et le développement des compétences seront les principaux leviers différenciants entre les talents et les organisations. Pour rester à jour dans un environnement en constante évolution, il recommande trois approches concrètes. Premièrement, l’apprentissage continu. Que ce soit par une formation formelle ou des études indépendantes, Depa insiste sur l’importance de ne jamais cesser d’apprendre. Il a ainsi obtenu en 2020 une maîtrise en Analyse à l’Université de Géorgie, non seulement pour approfondir ses connaissances en programmation, développement logiciel et science des données, mais aussi pour mieux comprendre le quotidien de ses équipes. Depuis, le paysage du développement logiciel a radicalement évolué. « Il faut toujours se remettre en question et apprendre chaque jour », affirme-t-il. Pour suivre l’actualité de l’IA, il suit des podcasts et lit régulièrement des articles scientifiques et technologiques. Deuxièmement, l’apprentissage par les autres. Depa met l’accent sur l’importance des mentors et des réseaux d’experts. Il cite notamment le conseil mondial d’IA d’EY, composé de 20 leaders mondiaux de l’intelligence artificielle, qui réunit régulièrement pour évaluer les stratégies de l’entreprise. « C’est un excellent forum pour anticiper l’avenir », explique-t-il. Mais il rappelle que cette collaboration n’a pas besoin d’être institutionnalisée : entretenir des relations avec des personnes de divers horizons, capables de proposer des points de vue variés, est de plus en plus essentiel. Troisièmement, l’application pratique. Apprendre, c’est bien, mais mettre en œuvre ses connaissances, c’est encore mieux. Depa encourage à expérimenter, qu’il s’agisse de coder, de développer une application ou de tester de nouveaux outils. « Ce processus d’expérimentation crée de nouvelles dynamiques cérébrales, qui facilitent l’apprentissage des prochaines étapes », explique-t-il. Il insiste sur le fait que l’échec fait partie intégrante de l’innovation. Accepter cette imperfection permet de cultiver une mentalité ouverte, curieuse et résiliente. D’autres dirigeants partagent cette vision. John Stecher, CTO de Blackstone, consacre une à deux heures chaque week-end à expérimenter avec des outils comme Claude, qu’il utilise pour automatiser des tâches ou analyser des documents. « C’est concret, tangible », affirme-t-il. L’essentiel, selon Depa, est de ne pas seulement consommer de l’information, mais de l’incarner, de la vivre, de la faire évoluer. C’est ainsi que l’on reste pertinent, agile et prêt à affronter l’avenir.
