Kevin O'Leary : L'essor de l'IA n'est pas une bulle, les tarifs ne menacent pas l'économie
Kevin O’Leary, le célèbre investisseur de Shark Tank et fondateur d’O’Leary Ventures, a affirmé à Business Insider que la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) n’est pas une bulle spéculative comme celle des années 1990, contrairement aux comparaisons fréquentes avec la bulle Internet. Selon lui, la différence fondamentale réside dans la capacité à mesurer concrètement la productivité générée par l’IA en termes de dollars économisés. Alors que la bulle Internet était alimentée par des attentes irréalistes sans retour tangible, l’IA apporte aujourd’hui des gains mesurables. Il cite l’exemple de Fly Guys, une entreprise de drones qu’il a investie, capable de scanner les toits de bâtiments commerciaux à grande échelle et de fournir des images aériennes prêtes à l’usage de l’IA pour détecter des problèmes et générer automatiquement des ordres de travail. Ces services permettent à des géants comme Walmart ou Home Depot d’économiser des millions de dollars, souligne O’Leary. Ces gains en efficacité pourraient compenser les coûts liés aux tarifs douaniers, soutenant ainsi les valorisations élevées des actions. L’avenir de cette dynamique dépendra des résultats financiers des entreprises au cours des 12 à 18 prochains mois, estime-t-il. En ce qui concerne les tarifs, O’Leary affirme que les craintes initiales d’un impact négatif majeur sur l’économie ont été exagérées. Après la chute des marchés liée aux annonces de tarifs de Donald Trump en avril, les indices ont rapidement rebondi pour atteindre de nouveaux sommets. Ce rebond, selon lui, témoigne d’une meilleure clarté sur les mesures commerciales, dont certains taux (entre 10 % pour le Royaume-Uni et 41 % pour la Syrie) se révèlent plus gérables que prévu. Le prix de détail n’a augmenté que de 0,2 % en avril, 0,1 % en mai et 0,3 % en juin, selon l’indice des prix à la consommation ajusté. Ces chiffres, selon O’Leary, montrent que les coûts d’entrée ne menacent pas les marges bénéficiaires, comme beaucoup l’avaient craint. Il qualifie cette situation de « remarquable » et affirme que « tout le monde s’est trompé » sur les effets des tarifs. En tant qu’investisseur expérimenté, il et son équipe ont même augmenté leurs stocks en prévision de la saison des fêtes, une démarche qui reflète leur confiance dans la perspective économique. Il rappelle que paniquer et vendre pendant les baisses de marché peut être coûteux, car de nombreux investisseurs ont manqué des rendements considérables en se retirant au mauvais moment. En seulement 88 séances boursières, l’indice S&P 500 a gagné environ 27 % depuis son creux du 8 avril, dépassant de 12 % son niveau précédent, bien au-delà du rendement annuel historique moyen de 7 %.
