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Oracle s’endette à hauteur de 50 milliards de dollars pour alimenter la machine IA d’OpenAI

Oracle a mis en place un modèle d’affaires ambitieux pour s’imposer dans la course à l’intelligence artificielle, en s’appuyant sur un partenariat stratégique avec OpenAI, dont le contrat de cinq ans vaut 300 milliards de dollars. Contrairement à Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, Oracle ne possède pas de datacenters propriétaires à grande échelle, mais s’appuie sur une approche de financement progressif : elle construit l’équipement à mesure que les fonds arrivent, en se faisant payer par OpenAI uniquement après mise en service. Ce modèle repose sur une capacité à lever massivement des capitaux, car la construction de datacenters d’IA à l’échelle du gigawatt coûte entre 45 et 60 milliards de dollars chacun, dont environ la moitié pour les serveurs, le stockage et les commutateurs, l’autre moitié pour l’électricité et l’infrastructure. En novembre 2025, Oracle ne disposait que de 19,8 milliards de dollars en trésorerie, malgré un passif total de 124,4 milliards de dollars, ce qui l’oblige à recourir à des financements externes. Ainsi, Oracle a annoncé en 2026 un plan de levée de 45 à 50 milliards de dollars, combinant l’émission de 15 à 20 milliards de dollars de nouvelles actions (dilution inférieure à 5 %), de 5 milliards de dollars de titres préférentiels convertibles obligatoires, et de 25 milliards de dollars de bons d’emprunt senior non garantis de qualité investissement. Cette stratégie s’impose car, malgré son rating BBB de S&P, sa dette élevée par rapport à ses revenus limite ses capacités d’emprunt. Le financement est essentiel pour alimenter la construction des datacenters Stargate, gérés par Crusoe à Abilene, au Texas, dont l’objectif est d’atteindre 4,5 gigawatts d’infrastructure IA d’ici la fin du contrat. Le modèle repose sur une logique de réinvestissement : les revenus générés par les premières années de location de matériel à OpenAI serviront à financer les expansions futures. Le prix négocié par OpenAI – estimé à 10 dollars par heure de GPU, contre 14 à 18 dollars chez AWS, Azure ou Google – est compétitif, surtout comparé aux néo-clouds comme CoreWeave (5 à 8 dollars). Avec un coût d’investissement de 135 milliards de dollars pour les équipements (sur 270 milliards pour les 4,5 GW), Oracle peut espérer un retour de 300 milliards de dollars, avec un potentiel de marges brutes de 40 % à long terme. Le matériel libéré après la fin du contrat avec OpenAI pourra être réutilisé pour servir ses 430 000 clients enterprise, en phase avec la généralisation de l’IA intégrée dans ses logiciels. L’incertitude reste quant à la capacité d’OpenAI à financer ses propres coûts énergétiques et opérationnels, ainsi qu’à la capacité de Crusoe ou de partenaires comme SoftBank à tenir leurs engagements. Oracle pourrait être amené à s’impliquer directement dans la construction de datacenters, ce qui nécessiterait des investissements supplémentaires et des terrains stratégiques avec accès à l’énergie. Toutefois, si le plan se déroule comme prévu, Oracle pourrait devenir un acteur majeur non seulement dans l’hébergement IA, mais potentiellement dans la construction de modèles, en s’appuyant sur son immense flotte de calcul tensoriel. Des experts du secteur soulignent que ce pari est risqué mais stratégique : Oracle transforme sa relation client traditionnelle en un modèle d’infrastructure IA à long terme, en capitalisant sur son réseau d’entreprises et sa capacité à réinvestir les flux. Si le plan réussit, il pourrait redéfinir le paysage cloud, permettant à Oracle de concurrencer à la fois les géants et les néo-clouds, tout en ouvrant la voie à une éventuelle entrée en tant que modèle d’IA en propre.

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