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Le deal Oracle-OpenAI surprend Wall Street et booste la tech

OpenAI et Oracle ont surpris les marchés cette semaine avec un accord de 300 milliards de dollars sur cinq ans, un engagement massif qui a fait bonder le cours d’Oracle, portant sa capitalisation boursière à près de 930 milliards de dollars avant une légère correction. Ce contrat, qui devrait commencer en 2027, prévoit un investissement de 60 milliards de dollars par an d’OpenAI en infrastructure de calcul auprès d’Oracle, ainsi que 10 milliards pour le développement de puces IA personnalisées avec Broadcom. L’accord illustre la montée en puissance d’Oracle dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, malgré son retard face à AWS, Microsoft Azure et Google Cloud. Pour OpenAI, ce partenariat est une stratégie de diversification critique. En s’appuyant sur plusieurs fournisseurs cloud, notamment Google, CoreWeave et désormais Oracle, la startup renforce sa résilience face aux risques liés à la dépendance à un seul fournisseur. Selon Chirag Dekate, vice-président chez Gartner, ce modèle représente une « fondation mondiale de supercalcul pour l’IA à grande échelle », unique et exemplaire. Il souligne que Oracle dispose d’une expertise ancienne en infrastructure à haut rendement, comme en témoigne son rôle dans le fonctionnement de TikTok aux États-Unis. Toutefois, des questions subsistent sur la faisabilité du projet. Le coût énergétique de 4,5 gigawatts de capacité de data centers est colossal. Bien que OpenAI ait annoncé un chiffre d’affaires annuel récurrent de 10 milliards de dollars en juin, en hausse significative par rapport à 5,5 milliards l’an dernier, la société continue de perdre des milliards chaque année. La source d’énergie nécessaire reste floue. Si des entreprises comme Google, Meta et Amazon investissent massivement dans le solaire, l’éolien, le nucléaire et la géothermie, OpenAI reste silencieuse sur ses propres initiatives énergétiques, bien qu’Altman ait placé des paris sur des startups comme Oklo, Helion et Exowatt. L’absence de détails sur le financement et l’énergie soulève des inquiétudes. Gil Luria, analyste chez D.A. Davidson, note que la concentration du carnet de commandes d’Oracle auprès d’un seul client – potentiellement OpenAI – « réduit fortement » l’enthousiasme des investisseurs. Avec une obligation de performance passée de 100 à 455 milliards de dollars en un an, Oracle risque de devenir trop dépendant d’un seul client. Le cours du stock a reculé de plus de 11 % en deux jours, reflétant cette prudence. D’autre part, OpenAI prépare sa transition vers une structure à but lucratif, avec une société bénéficiaire publique et un parent non lucratif détenant une participation d’actifs supérieure à 100 milliards de dollars. Ce changement est nécessaire pour sécuriser les 40 milliards de dollars de financement récemment annoncés, dont une partie est fournie par SoftBank. Malgré l’enthousiasme initial, certains analystes restent sceptiques. Byron Deeter de Bessemer Venture Partners qualifie Oracle de « hyperscaler de deuxième rang », sans position significative dans les logiciels ou les puces IA. Pour lui, le deal est spectaculaire, mais ne transforme pas Oracle en acteur majeur de l’IA à long terme. En somme, l’accord entre OpenAI et Oracle illustre la course aux infrastructures de l’IA, mais soulève aussi des défis fondamentaux sur la durabilité énergétique, le financement et la dépendance stratégique. Le succès de ce projet dépendra autant de la gestion de l’énergie que de la capacité à diversifier les partenariats.

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