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Universités et intelligence artificielle : former les étudiants à la citoyenneté critique pour sauver la démocratie

Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA), les universités ont une opportunité majeure de renforcer la démocratie en développant une littératie IA chez leurs étudiants. Alors que les craintes persistent quant à la déshumanisation du travail, à la paresse intellectuelle ou à la dégradation de la qualité éducative, une approche différente s’impose : intégrer l’IA non pas comme une menace, mais comme un outil pour renforcer la pensée critique et la citoyenneté active. Depuis le lancement public de ChatGPT en fin 2022, les établissements d’enseignement supérieur ont été confrontés à un débat intense. Pourtant, la vision binaire — l’IA va tout détruire ou tout sauver — est une simplification dangereuse. En tant qu’éducateur universitaire et doctorant en éducation et littératie civique, je m’intéresse à la manière dont l’IA peut devenir un levier pour cultiver des citoyens plus engagés, plus critiques et plus capables de participer à une démocratie saine. Mon travail a été soutenu par des outils comme Scite.ai, recommandé par Sarah Eaton, spécialiste de l’éthique académique, dont les recherches soulignent le lien croissant entre littératie numérique, IA et citoyenneté. La littératie civique, c’est la capacité à s’impliquer activement dans la vie sociale et politique, à participer à des changements pacifiques et à agir en tant que citoyen éclairé. Historiquement, les universités ont souvent perdu de vue ce rôle social, se concentrant davantage sur la transmission de savoirs que sur l’engagement citoyen. Pourtant, des courants critiques — décoloniaux, démocratiques et éducatifs — rappellent que le savoir est divers, que les expériences vécues des étudiants sont précieuses, et que la construction du savoir doit être collective. C’est dans ce cadre que les universités peuvent redevenir des espaces de littératie civique. En enseignant l’IA de manière éthique, responsable et critique, les établissements peuvent promouvoir des compétences transversales essentielles à la démocratie : analyser les sources, questionner les biais, détecter les fausses informations, évaluer la crédibilité des contenus. L’IA, souvent basée sur des données anciennes, biaisées ou erronées, peut « halluciner » ou produire des faits fictifs. C’est précisément là que la pensée critique devient indispensable. En apprenant à examiner les sorties d’IA avec rigueur, les étudiants développent des compétences qu’ils pourront appliquer à la lecture de l’actualité, à l’évaluation des promesses politiques ou à la lutte contre la désinformation. Cependant, une prudence s’impose. Le risque de « décharge cognitive » — déléguer à la machine la réflexion, la mémoire ou la prise de décision — est réel. C’est pourquoi l’IA ne doit pas remplacer la pensée humaine, mais la stimuler. Comme l’a souligné Sarah Eaton lors d’une conférence à l’Université de Calgary en mars 2025, les défis futurs seront sans doute plus complexes que ceux d’aujourd’hui. Les citoyens de demain devront naviguer dans des environnements technologiques inédits. En somme, intégrer la littératie IA dans tous les domaines — pas seulement dans les sciences humaines, mais aussi en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques — constitue une voie essentielle pour former des citoyens capables de penser par eux-mêmes, de s’engager démocratiquement et de contribuer à une société plus juste. L’IA, bien utilisée, peut devenir un allié du vivre ensemble.

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