Satya Nadella lance un blog pour dépasser l’« IA mal faite » et imaginer l’avenir des agents intelligents
Satya Nadella, PDG de Microsoft, s’adonne désormais à la rédaction de blogs pour aborder les enjeux de l’intelligence artificielle. À peine après avoir désigné un nouveau dirigeant pour les principales divisions de Microsoft, il a pris le temps de s’exprimer sur l’avenir de l’IA, dans une première publication intitulée « sn scratchpad ». Ce billet, court mais dense, marque une nouvelle étape dans sa vision du rôle de l’intelligence artificielle dans la société. Nadella y dénonce les débats stériles entre « IA de mauvaise qualité » (« AI slop ») et « sophistication technologique », et appelle à repenser fondamentalement notre rapport à l’intelligence artificielle. Il souhaite aller au-delà de ces oppositions pour développer une nouvelle théorie du cerveau — une « théorie de l’esprit » évoluée — qui intègre le fait que les humains, désormais dotés d’outils cognitifs amplificateurs, interagissent différemment entre eux et avec la technologie. Il reprend ainsi l’idée emblématique de Steve Jobs, selon laquelle l’ordinateur est une « bicyclette pour l’esprit », mais l’adapte à l’ère de l’IA. L’objectif de Microsoft, c’est de faire passer les utilisateurs de logiciels comme Office ou Windows à des agents d’IA capables d’agir à leur place : créer du contenu, chercher de l’information, apprendre à utiliser des outils, tout cela par la voix. Ce scénario, porté par Copilot, semble prometteur, mais reste largement théorique. En pratique, les fonctionnalités annoncées ne sont pas encore fiables, et beaucoup de ce que produit l’IA reste incohérent ou de faible qualité. Nadella reconnaît que l’industrie n’est pas encore prête. Il insiste sur le fait que la puissance d’un modèle d’IA n’est pas le facteur déterminant. Ce qui compte, c’est la manière dont ces technologies sont appliquées. Il prévoit une transition d’un modèle d’IA isolé vers des systèmes intégrés, capables d’avoir un impact concret dans le monde réel. Ces systèmes devront tenir compte de leur impact social, environnemental et éthique. « Les choix que nous faisons concernant l’attribution de nos ressources limitées — énergie, calcul, talents — auront une importance décisive », affirme-t-il. Pour Nadella, 2026 sera une année clé pour l’IA, marquée par une meilleure compréhension de sa trajectoire et de son influence. Il estime que l’industrie a désormais une vision plus claire de l’avenir, même si la réalité actuelle reste éloignée de cette promesse. Il promet de publier régulièrement, tout au long de 2026, des notes personnelles sur les progrès technologiques et leur impact concret, offrant ainsi un regard intime sur la course à l’IA.
