Sora menace-t-il l’ère des créateurs ? Un investisseur prévoit la fin du créateur humain sur les réseaux sociaux
La sortie de Sora 2 d’OpenAI a provoqué un bouleversement dans l’économie des réseaux sociaux. Michael Mignano, partenaire chez Lightspeed Ventures, estime que cette avancée marque le début d’un « tout nouveau chapitre pour internet », mais aussi la fin de l’ère du créateur individuel. Selon lui, l’ère de la vidéo générée par l’intelligence artificielle permet désormais de produire des contenus immédiats, ultra-personnalisés et d’une réalisme inédit, conçus spécifiquement pour capter l’attention de chaque utilisateur. « C’est ce qui rend l’algorithme de TikTok si puissant, explique Mignano dans son podcast Sourcery. Mais il repose encore sur des humains pour créer le contenu, ce qui implique un coût. » Ce coût, c’est le travail humain, les salaires, les ressources. L’IA, elle, pourrait produire du contenu à moindre coût, voire presque nul. « Dans ce contexte, le créateur individuel devient bien, bien, bien moins précieux », affirme-t-il. Mignano, ancien cofondateur d’Aviary (acquis par Adobe) et d’Anchor (racheté par Spotify), et investisseur dans xAI d’Elon Musk, connaît bien l’écosystème numérique. Il a évoqué sur son blog Substack le « décès du créateur » comme une réalité inéluctable, bien qu’« effrayante ». Pour lui, cette transformation n’est pas seulement une menace, mais une mutation fondamentale du web. Bien que l’IA ne soit pas encore capable de générer des vidéos parfaitement adaptées à chaque utilisateur en temps réel, les signes sont déjà présents. Des influenceurs virtuels pullulent sur Instagram, et TikTok Shop est submergé de contenus frauduleux générés par IA. Ce joli clip de lapins sautant sur un trampoline ? Probablement entièrement artificiel. Nous sommes peut-être déjà proches d’un internet dominé par les bots. Des figures comme Alexis Ohanian ou Sam Altman ont évoqué la « théorie de l’internet mort », selon laquelle la majorité du contenu en ligne provient désormais de bots, pas d’humains. Dans ce nouveau paysage, l’ère des mégastars du web pourrait s’achever. Reed Duchscher, ancien manager de MrBeast, affirme que construire une entreprise en ligne est désormais plus facile avec des publics hyper-spécifiques, plutôt qu’avec des audiences massives. Alors, comment survivre ? Mignano estime que la qualité, l’authenticité et la créativité authentique deviendront les seules armes des humains. « Les plateformes ne récompenseront plus les humains qui postent les mêmes formats, les mêmes blagues, les mêmes memes », écrit-il dans un courriel à Business Insider. « Seule la singularité – de l’image, de la voix, de la vision – sera viable. »
