Meta : les directeurs de produit "vibe coding" pour présenter des prototypes à Mark Zuckerberg
Les directeurs de produits (PM) de Meta ne patientent plus que les ingénieurs transforment leurs idées en démonstrations. Au lieu de cela, ils s’adonnent à ce qu’on appelle le « vibe coding » — une forme de programmation assistée par l’intelligence artificielle, où des instructions en langage naturel permettent de concevoir rapidement des prototypes d’applications. Ces prototypes sont ensuite présentés directement à Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, pour accélérer l’itération et l’exploration de nouvelles idées. Joseph Spisak, directeur produit au sein de la Superintelligence Labs (MSL) de Meta, a évoqué cette pratique lors d’une conférence au TechEquity AI Summit à Sunnyvale, en Californie. « Les PMs conçoivent réellement des produits en vibe coding, et nous les montrons à Zuck et à la direction. Cela nous permet d’expérimenter et d’itérer très rapidement », a-t-il déclaré. Le « vibe coding », un terme apparu dans les communautés de développeurs, consiste à utiliser des outils d’IA pour traduire des descriptions en code, en quelques heures voire quelques jours. Spisak a souligné que les systèmes internes de Meta sont désormais suffisamment puissants pour permettre aux non-ingénieurs de modifier en temps réel les interfaces — ajuster des couleurs, tester des fonctionnalités, changer des concepts sans dépendre d’une équipe technique. Cette autonomie est cruciale dans un contexte où Meta cherche à rivaliser avec les géants de l’IA comme OpenAI ou Google. Pour soutenir cette transformation, Meta déploie plusieurs assistants IA internes : Metamate, un chatbot inspiré de ChatGPT, entraîné sur les données internes de l’entreprise, et Devmate, un assistant de codage intégrant plusieurs modèles de langage, y compris ceux de concurrents comme Anthropic, afin d’accélérer le développement. L’objectif est clair : rendre le processus de création de produits plus agile. Un document interne datant de fin septembre a même indiqué que les systèmes existants, conçus pour des millions d’utilisateurs et de grandes équipes, sont trop lents et peu adaptés au vibe coding, freinant l’expérimentation des équipes de petite taille. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large dans la Silicon Valley. Google incite ses employés à intégrer l’IA à chaque étape du développement logiciel, et plus d’un quart de son code est désormais généré par IA avant vérification humaine. À Microsoft, une directive interne affirme que « l’utilisation de l’IA n’est plus facultative ». Meta suit le même chemin : elle mesure l’usage de l’IA via des tableaux de bord, fixe des objectifs d’adoption et même organise un jeu interne, « Level Up », pour récompenser les collaborateurs qui atteignent des jalons liés à l’IA. Dans le recrutement, les compétences en vibe coding deviennent une priorité. Des entreprises comme Reddit ou DoorDash recherchent désormais des candidats expérimentés avec des outils comme Cursor ou Bolt. Une startup accélérée par Y Combinator considère même cette capacité comme « non négociable » pour les nouveaux embauchés. « Nous sommes arrivés à un point où les barrières sont vraiment faibles », a conclu Spisak. « Même ma fille de 11 ans code désormais de nouveaux environnements pour jouer à Roblox en vibe coding. » Son message aux directeurs de produits ? « N’ayez pas peur de vous salir les mains. »
