Une carte intelligente du futur : un modèle d’IA révèle l’âge, la maturité et les liens entre 23 000 technologies émergentes
Une équipe de chercheurs de l’Université de technologie de Sydney (UTS) et de ses partenaires a développé Cosmos 1.0, l’un des plus complets atlas ouverts des technologies émergentes à ce jour, cartographiant 23 544 technologies à travers un cadre basé sur l’intelligence artificielle. Ce projet, publié dans Scientific Data, utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser des millions de pages Wikipedia, de livres scientifiques et de brevets, permettant de classer les technologies en un arbre hiérarchique radial. L’outil révèle les structures fondamentales du paysage technologique mondial, en mettant en lumière les relations entre domaines, leur maturité, leur profondeur scientifique et leur potentiel d’impact. Cosmos 1.0 révèle que les technologies s’organisent naturellement en sept grands clusters : systèmes autonomes, biotechnologies, données et analyse, santé et médecine, nanotechnologies, réseaux et connectivité, et technologies convergentes. Le septième cluster, central, regroupe des innovations hybrides où sciences des matériaux, ingénierie et systèmes numériques s’entremêlent — un espace où se trouvent nombre de technologies énergétiques durables et de solutions climatiques. Ce modèle permet aux utilisateurs de naviguer depuis des concepts généraux comme l’intelligence artificielle ou le calcul quantique jusqu’à leurs composantes fondamentales, telles que le deep learning, la cryptographie post-quantique ou les différentes architectures de qubits. Le cadre introduit quatre indicateurs clés pour évaluer chaque technologie : le Deeptech Index, qui mesure la profondeur scientifique et la difficulté de copie ; le Generality Index, qui reflète la capacité d’une technologie à être appliquée à divers domaines ; un indicateur de maturité ; et un indicateur de popularité basé sur les visites web. Ces métriques permettent de distinguer les innovations véritablement fondatrices des simples modes passagers. Par exemple, le Deeptech Index met en évidence que les technologies fortement ancrées dans la recherche scientifique — comme celles liées à la biotechnologie ou à l’énergie renouvelable — offrent un avantage stratégique durable pour les nations. L’outil permet aussi de tracer l’évolution temporelle des technologies, d’identifier des compléments naturels à des capacités existantes, et de comparer les forces technologiques nationales. Grâce à une validation croisée avec les données de brevets, les investissements en capital-risque et la littérature scientifique, Cosmos 1.0 fournit une base solide pour des analyses stratégiques, des cartes de positionnement ou des prévisions d’innovation. Une version interactive du modèle est disponible en ligne, permettant aux décideurs publics, aux entreprises et aux investisseurs de mieux comprendre les dynamiques d’innovation. Les experts saluent cette initiative comme une avancée majeure pour la gouvernance technologique. Selon Marian-Andrei Rizoiu, responsable du laboratoire de science des données comportementales à UTS, Cosmos 1.0 ne se contente pas de cartographier, il transforme la manière dont les décisions sont prises. L’ouverture du jeu de données à la communauté scientifique et aux acteurs publics en fait un outil de transformation stratégique, capable d’orienter les investissements, de renforcer la compétitivité nationale et d’accélérer la transition vers un avenir technologique plus durable.
