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Oracle plonge après son plan d’investissement en IA : la fièvre AI retombe, les dettes inquiètent

Deux mois après une explosion de son action, marquée par une hausse de 36 % – son meilleur jour depuis 1992 –, Oracle connaît un net recul de la confiance des investisseurs. Le titre a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis, et se prépare à vivre son pire mois depuis 2011. Cette chute s’inscrit dans un contexte de désenchantement croissant vis-à-vis du marché de l’IA, où l’enthousiasme initial s’estompé face à des inquiétudes sur la viabilité financière des ambitions de l’entreprise. Le coup d’envoi avait été donné par les résultats de l’investor day d’octobre, où Oracle avait annoncé une projection ambitieuse : 166 milliards de dollars de revenus dans son infrastructure cloud d’ici 2030, contre 18 milliards en 2026. Cette croissance exponentielle reposait sur des contrats signés pour plus de 450 milliards de dollars, bien que non encore reconnus comme revenus. Le lien stratégique avec OpenAI, qui a promis de verser 300 milliards de dollars à Oracle sur cinq ans, avait alimenté l’optimisme. Mais depuis, les doutes se sont installés. Jackson Ader, analyste chez KeyBanc Capital Markets, note que l’IA « perd de sa chaleur » : Oracle, parmi les grands acteurs du cloud, est le moins en mesure de générer un flux de trésorerie libre, ce qui rend son modèle de financement particulièrement précaire. Pour financer son expansion massive en IA, Oracle prévoit de lever jusqu’à 38 milliards de dollars via des émissions d’obligations, selon des sources proches du dossier. Ce plan inclut la construction de centres de données au Texas, au Nouveau-Mexique et au Wisconsin, ainsi que l’achat de centaines de milliers de puces GPU auprès de Nvidia et AMD. Les premiers signes de méfiance sont apparus après la conférence AI World d’octobre. Le 17 octobre, l’action a chuté de 7 %, alors que les investisseurs remettaient en question la faisabilité de la vision à long terme. Andrew Keches, analyste chez Barclays, a récemment abaissé la note de crédit d’Oracle, soulignant les « besoins de financement significatifs » et la difficulté à améliorer sa situation financière. Il recommande d’ailleurs d’acheter des swaps de défaut de crédit à cinq ans, un indicateur de risque élevé. Ces contrats, qui fonctionnent comme une assurance contre un défaut, ont atteint un sommet à deux ans, un niveau à surveiller. Malgré cela, certains restent confiants. Des analystes comme Rishi Jaluria (RBC Capital Markets) estiment qu’Oracle peut rebondir avec de nouveaux accords d’IA, bien qu’il maintienne une recommandation « tenir ». L’ancien fondateur Larry Ellison, dont le parcours a longtemps inspiré la confiance, est encore perçu comme un acteur incontournable. Toutefois, Gil Luria (D.A. Davidson) critique l’approche d’Oracle, la qualifiant de « mauvaise conduite » dans le développement de l’IA, en la comparant à Microsoft, Amazon et Google, qui disposent de marges plus solides et d’une demande client plus stable. Selon lui, Oracle dépend trop d’OpenAI, une startup en perte de trésorerie, et ses marges sur la location de GPU sont bien inférieures aux 80 % de son cœur de métier. L’appréciation de 100 dollars de l’action après les résultats, juge-t-il, était justifiée à l’époque, mais elle n’a plus de fondement aujourd’hui.

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