HyperAIHyperAI

Command Palette

Search for a command to run...

Un associé juridique de première année a lancé Harvey, la startup d’IA révolutionnaire qui vise à transformer le monde du droit – et a attiré 8 milliards de dollars de valorisation en moins d’un an.

Winston Weinberg, un jeune associé en droit de première année chez O’Melveny & Myers, a transformé une idée anodine en l’un des startups les plus prometteurs de la Silicon Valley : Harvey, une plateforme d’intelligence artificielle dédiée au secteur juridique. Son déclic a eu lieu lorsqu’il a utilisé GPT-3 pour traiter un cas de droit de la location, un domaine inconnu pour lui. Avec son co-fondateur Gabe Pereyra, il a développé une chaîne de raisonnement complexe basée sur les lois californiennes, testée sur 100 questions issues de Reddit. Résultat : 86 % des réponses ont été jugées acceptables sans modification par trois avocats, un moment clé qui a confirmé le potentiel révolutionnaire de l’IA dans le droit. Ce tournant a conduit à une initiative audacieuse : un e-mail froid envoyé le 4 juillet à Sam Altman et Jason Kwon, conseiller général d’OpenAI. Leur réaction a été immédiate : l’OpenAI Startup Fund est devenu le premier investisseur institutionnel de Harvey, ouvrant la porte à une levée de fonds impressionnante. En peu de temps, Harvey a attiré des géants comme Sequoia Capital, Kleiner Perkins, Google Ventures, Coatue et Andreessen Horowitz. Sa valorisation a bondi de 3 milliards de dollars en février 2025 à 8 milliards d’ici octobre, portée par une croissance fulgurante : 235 clients dans 63 pays, dont la majorité des 10 premiers cabinets américains, et plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents d’août. Weinberg, qui n’avait aucune expérience du monde de la tech ou de la finance, insiste sur un principe simple : « Le meilleur moyen de lever des fonds, c’est de bien faire son travail. » Il a concentré son énergie sur le produit, la sécurité, et l’adoption par les cabinets, laissant les relations avec les investisseurs se construire naturellement. L’expansion vers les entreprises internes (in-house) a été accélérée par une dynamique de réseau : les cabinets, devenus clients, ont commencé à recommander Harvey à leurs propres clients, créant un effet de levier organique. L’un des défis techniques majeurs de Harvey est sa vision de la « multijoueur » : une plateforme sécurisée permettant aux avocats internes et externes de collaborer, tout en respectant les murs éthiques (ethical walls) et les lois sur la localisation des données. En Allemagne ou en Australie, par exemple, les données financières ne peuvent pas quitter le territoire. Harvey a dû déployer des instances cloud dans plus de 60 pays, un coût initial élevé, mais une condition indispensable à la confiance des clients. Ce système de permissionnement, en cours de finalisation, est un atout unique. Aujourd’hui, les avocats utilisent Harvey principalement pour la rédaction, la recherche (grâce à un partenariat récent avec LexisNexis) et l’analyse de grandes masses de documents, comme dans les phases de due diligence. Si certains critiques le voient comme un simple « wrapper » autour de ChatGPT, Weinberg insiste sur deux avantages durables : l’accumulation de données de workflow, qui permet d’évaluer la qualité des réponses de manière automatisée, et la construction d’une plateforme véritablement collaborative entre cabinets et entreprises — un écosystème que ses concurrents n’ont pas encore réussi à imiter. Le modèle économique repose actuellement sur des abonnements par siège, mais évolue vers une tarification par résultat pour les tâches standardisées et à haute précision. L’objectif n’est pas d’automatiser l’ensemble d’un dossier d’acquisition, mais d’assister les avocats dans les tâches répétitives, en laissant les humains superviser les décisions critiques. Weinberg aborde avec sérieux la question de l’impact sur les jeunes avocats : loin d’être un remplacement, l’IA devient un outil pédagogique. Un système d’IA qui guide un associé dans la rédaction d’un accord de fusion, en lui offrant un retour en temps réel, peut devenir un tuteur personnalisé, accélérant sa formation. « C’est l’avenir de l’apprentissage en droit », affirme-t-il. Malgré sa croissance fulgurante, Harvey n’a pas l’intention de lever de nouveaux fonds dans l’immédiat. L’entreprise est rentable, avec un burn raisonnable, et se prépare à des investissements en calcul intensif pour explorer de nouvelles voies de recherche. À long terme, une introduction en bourse reste une perspective sérieuse, bien que sans calendrier précis. Harvey incarne ainsi une nouvelle génération d’IA appliquée à un secteur traditionnel : pas seulement pour automatiser, mais pour transformer la manière dont les avocats travaillent, apprennent et collaborent dans un monde de plus en plus complexe.

Liens associés

Un associé juridique de première année a lancé Harvey, la startup d’IA révolutionnaire qui vise à transformer le monde du droit – et a attiré 8 milliards de dollars de valorisation en moins d’un an. | Articles tendance | HyperAI