Mirelo lève 41 millions pour donner la voix aux vidéos générées par l’IA
Mirelo, une start-up berlinoise de deux ans, a levé 41 millions de dollars en série seed, portée par Index Ventures et Andreessen Horowitz, pour relever un défi crucial dans la création vidéo par IA : le silence. Bien que les outils d’IA permettent désormais de générer des vidéos à partir de textes ou d’images, la plupart manquent d’intégration audio, laissant les créations sans son. Mirelo s’attaque à ce problème avec son modèle d’IA, Mirelo SFX v1.5, capable d’analyser une vidéo et d’y ajouter des effets sonores synchronisés en temps réel. Lancé plus tôt cette année, cet outil a attiré l’attention des investisseurs en pleine course vers la révolution de l’IA générative, notamment dans les jeux vidéo. Face à la concurrence croissante – avec des géants comme Sony, Tencent, Kuaishou via Kling AI, ou encore ElevenLabs (soutenu par a16z) qui ont dévoilé des modèles similaires – Mirelo se distingue par sa spécialisation étroite sur les effets sonores, plutôt que la musique ou le dialogue. Selon CJ Simon-Gabriel, co-fondateur et CEO, l’objectif est de construire un avantage durable dans un domaine encore peu exploré. Pour y parvenir, la start-up prévoit de doubler voire tripler sa taille, passant de 10 à 20 à 30 employés d’ici la fin de l’année prochaine, afin de renforcer son R&D, son produit et sa stratégie commerciale. Mirelo a déjà publié ses modèles sur des plateformes comme Fal.ai et Replicate, et prévoit que l’usage de son API deviendra la principale source de revenus à court terme. Parallèlement, elle développe Mirelo Studio, une interface dédiée aux créateurs, visant un usage professionnel à long terme. L’entreprise adopte un modèle freemium, avec un forfait recommandé à 20 €/mois (environ 23,50 $), ciblant principalement les amateurs et les prosumers souhaitant enrichir leurs vidéos IA avec du son. L’approche de Mirelo s’inscrit dans une préoccupation croissante concernant les données d’entraînement. Georgia Stevenson, responsable des investissements chez Index, souligne que les modèles de Mirelo sont formés sur des bibliothèques sonores publiques et achetées, avec des partenariats à partage de revenus respectueux des droits des artistes. L’entreprise ne vise pas à remplacer les compositeurs ou les designers sonores, mais à les accompagner. Simon-Gabriel et son co-fondateur Florian Wenzel, tous deux chercheurs en IA et musiciens, ont une vision claire : le son façonne l’ambiance autant que l’image. « George Lucas disait que le son représente 50 % de l’expérience cinématographique – et ce n’est même pas une exagération », affirme-t-il. L’IA musicale est en cours de développement, mais c’est l’effet sonore qui suscite actuellement le plus d’intérêt, en raison d’un manque de recherche dans ce domaine, offrant à Mirelo un avantage stratégique. Le financement, complété par un tour pré-série seed mené par Atlantic, porte le total levé à 44 millions de dollars, comblant un déficit de ressources. L’appui d’investisseurs institutionnels et d’experts comme Arthur Mensch (Mistral), Thomas Wolf (Hugging Face) ou Burkay Gur (Fal.ai) renforce la crédibilité technologique de la start-up. Malgré l’arrivée de fonctionnalités audio dans des systèmes comme Gemini avec Veo 3.1, Simon-Gabriel voit là une confirmation de son pari : « Maintenant, tout le monde comprend que le son est essentiel. C’est comme la transition des films muets aux films parlants. Cela change tout. »
