Anthropic lance des outils d'IA pour automatiser la finance
Anthropic, dirigée par le PDG Dario Amodei, a annoncé mardi le lancement de dix nouveaux agents d'intelligence artificielle spécifiquement conçus pour le secteur financier. Ces outils visent à automatiser les tâches fastidieuses de la finance, telles que la préparation des réunions clients et la réalisation d'études de marché. Cette initiative s'inscrit dans une concurrence déjà intense, car les banques et les startups développent elles-mêmes des solutions similaires pour réduire la charge de travail bureaucratique sur Wall Street. Parmi les dix nouveaux agents figurent un « constructeur de modèles », capable de générer des modèles financiers à partir de filings et de notes d'analystes, et un « constructeur de pitchs », apte à rédiger des documents de présentation avant les rendez-vous. Cette annonce renforce la position d'Anthropic dans le domaine, qui représente désormais son deuxième plus grand secteur de revenus d'entreprise, après la technologie. Selon une présentation de l'entreprise, 40 % de ses cinquante plus grands clients sont d'ores et déjà des acteurs de la finance. La course à l'intelligence artificielle sur Wall Street s'accélère, les grandes banques adoptant massivement ces technologies pour optimiser le temps de leurs employés. Des géants tels que JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont déjà déployé des assistants internes destinés à aider le personnel, des banquiers juniors aux ingénieurs logiciels, à synthétiser des recherches, rédiger des courriels et du code, ainsi qu'à se préparer aux réunions. Le marché est déjà saturé par des startups spécialisées. Rogo, une entreprise évaluée à 2 milliards de dollars, sert plus de 250 clients avec des outils capables de créer des présentations et des modèles financiers. Rahul Rekhi, président de Rogo, souligne que sa solution est « modèle-agnostique », se concentrant sur la conception de workflows spécifiques et l'expertise du domaine plutôt que sur le modèle de base lui-même. Selon lui, l'amélioration des modèles de fondation permet d'accélérer l'automatisation des processus pour les banques. D'autres acteurs comme Hebbia proposent des plateformes capables d'exécuter simultanément de multiples requêtes sur des bases de données, telles que des tableaux Excel et des documents de dépôt, pour générer des comparaisons d'entreprises et rédiger des documents en quelques secondes. Scott Keipper, expert en technologie financière chez EY Americas, prévoit que le secteur se consolidera autour d'un nombre restreint de fournisseurs de modèles de base. La véritable valeur ajoutée résidera désormais dans les données sectorielles, la conception des workflows et la couche de contrôle. Les produits les plus réussis seront ceux qui s'intègrent facilement aux systèmes existants tout en respectant les architectures de gouvernance et de risque. Ces avancées suscitent également des inquiétudes concernant les effectifs bancaires. Bien que les grandes banques n'aient pas annoncé de vagues de licenciements massifs liés à l'IA, certains dirigeants, comme Jamie Dimon de JPMorgan, ont indiqué ralentir l'embauche et planifier une « réaffectation massive » des employés dont les rôles seront transformés par l'automatisation. Anthropic espère ainsi consolider sa part de marché dans un environnement où l'efficacité opérationnelle devient le critère décisif.
