Nvidia et OpenAI au bord de la rupture : un deal de 100 milliards en stand-by, mais une dépendance mutuelle incontournable
Malgré l’annonce en septembre d’un accord phare de 100 milliards de dollars entre Nvidia et OpenAI, les négociations semblent bloquées depuis cinq mois. Aucun contrat n’a été signé, aucune somme n’a été transférée, et selon le Wall Street Journal, les discussions sont désormais « gelées » après des doutes internes chez Nvidia sur le modèle économique d’OpenAI. Cette situation a inquiété les investisseurs, d’autant que Nvidia avait prévenu, en novembre, dans son rapport trimestriel, qu’il n’était « pas assuré » d’aboutir à un accord avec OpenAI ou à d’autres investissements liés. Pourtant, malgré ces tensions, les deux géants de l’IA restent profondément interdépendants. Sam Altman a répété que OpenAI avait besoin d’un volume massif de puces Nvidia pour atteindre ses objectifs de croissance, tandis que Jensen Huang dépend de clients comme OpenAI pour démontrer la puissance de ses systèmes coûteux et stimuler la demande. La valorisation de Nvidia a atteint 5 billions de dollars en octobre, avant de reculer à 4,4 billions, tandis qu’OpenAI, évalué à 500 milliards de dollars fin 2023, vise désormais une valorisation dépassant 800 milliards dans sa prochaine levée de fonds. Huang a affirmé lors d’une interview avec Jim Cramer que Nvidia participerait à ce nouveau tour de financement et envisageait même d’investir dans une éventuelle introduction en bourse d’OpenAI. « Il n’y a pas de drame », a-t-il assuré, un point de vue partagé par Altman, qui a qualifié les rumeurs de « folie » sur X. Pourtant, l’ambitieux projet initial – la construction d’une infrastructure consommant 10 gigawatts d’énergie – progresse peu. L’investissement initial de 10 milliards de Nvidia devait être débloqué à la mise en service du premier gigawatt, prévue pour la seconde moitié de 2026. Le lien entre les deux entreprises remonte à 2016, quand OpenAI, alors un laboratoire peu connu, fut le premier client de la première puce d’IA de Nvidia, le DGX. Depuis, OpenAI est devenu l’un des plus gros utilisateurs de puces Nvidia, principalement via Microsoft. La croissance exponentielle de Nvidia, passée de 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2023 à près de 57 milliards en octobre 2024, coïncide avec l’essor de ChatGPT, qui compte désormais 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Cependant, les analystes prévoient qu’OpenAI ne sera rentable qu’à partir de 2030. La tension latente vient de la diversification stratégique de chacun. Nvidia a investi 10 milliards dans Anthropic, un concurrent d’OpenAI, et cherche à réduire sa dépendance aux hyperscalers. OpenAI, quant à lui, a noué des partenariats avec AMD, Broadcom et Cerebras, notamment pour diversifier ses sources de puissance de calcul. Altman a même collaboré avec Lisa Su, PDG d’AMD, en juin, pour accompagner le développement de nouvelles puces. Sachin Katti, responsable de l’infrastructure chez OpenAI, a réaffirmé sur X que « notre flotte de calcul repose entièrement sur les GPU Nvidia », soulignant la demande croissante en puissance de calcul à l’échelle mondiale. En dépit des rumeurs, les deux entreprises maintiennent une relation fondamentale, même si l’avenir du grand accord reste incertain.
