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De la blanchisserie à la révolution de l’IA : l’extraordinaire parcours de Fei-Fei Li, la « Mère de l’IA »

Fei-Fei Li, surnommée la « Mère de l’IA », dont la start-up World Labs est désormais valorisée à plus d’un milliard de dollars, a débuté sa carrière dans un métier bien éloigné du monde de la technologie : celui de blanchisseur. Originaire de Chine, Fei-Fei Li a émigré aux États-Unis à l’âge de 15 ans. Pour aider sa famille à survivre, elle a travaillé aux côtés de ses parents dans une boutique de nettoyage à sec à Parsippany, dans le New Jersey. « Nous n’étions pas du tout aisés financièrement. Mes parents faisaient des petits boulots de caissiers, et moi, je travaillais dans des restaurants chinois », a-t-elle raconté à Bloomberg. Ensemble, ils ont décidé de s’installer dans le commerce du nettoyage, une décision qui allait marquer le début de son parcours. Durant sept ans, de 18 à 25 ans, elle a géré la boutique — une expérience qu’elle aime qualifier de « chef d’entreprise » en plaisantant. Même lorsqu’elle a poursuivi ses études à Princeton, puis son doctorat au Caltech en Californie, elle a continué à superviser le business à distance. « C’était moi qui parlais anglais. J’assurais les appels clients, la facturation, les contrôles… tout le fonctionnement administratif », explique-t-elle. Ces années passées à tenir une entreprise ont forgé en elle une qualité essentielle : la résilience. « En tant que scientifique, il faut être résilient. La recherche est un parcours non linéaire. Personne n’a toutes les réponses. Il faut traverser des épreuves pour trouver une solution. Et en tant qu’immigrée, on apprend très vite à être résiliente », affirme-t-elle. Aujourd’hui, à la tête de World Labs, une start-up d’IA fondée il y a un an et déjà valorisée à plus d’un milliard de dollars, Fei-Fei Li poursuit une ambition ambitieuse : développer des « modèles du monde ». Ces systèmes d’IA, selon elle, doivent combiner intelligence spatiale, capacité à percevoir, raisonner et interagir avec le monde réel — une évolution naturelle de l’intelligence visuelle. Elle considère que les modèles linguistiques massifs, à la base des grands outils actuels comme ChatGPT, ont des limites. Pour certains experts, c’est précisément les modèles du monde qui pourraient porter l’IA vers sa prochaine révolution. Son travail s’inscrit dans cette lignée, et il trouve ses racines dans son ancien projet fondateur : ImageNet, une vaste base de données visuelles qui a révolutionné la reconnaissance d’images. La filiation entre son parcours d’immigrée et sa passion scientifique est claire. « J’ai toujours été curieuse, et la science a été l’outil qui a donné un sens à cette curiosité », dit-elle. « Je n’étais pas attirée par les soirées ou les clubs. Ma passion, c’était la science. » Avec World Labs, Fei-Fei Li continue de transformer sa résilience et sa curiosité en innovations capables de redéfinir les frontières de l’intelligence artificielle.

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