Meta plonge après un Q3 en dents de scie : IA, pertes de Reality Labs et une charge fiscale énorme
Les résultats du troisième trimestre de Meta n’ont pas convaincu les investisseurs, faisant chuter les actions de près de 9 % en séance après-bourse. Malgré un chiffre d’affaires de 51,24 milliards de dollars, supérieur aux attentes, la société a enregistré une perte par action inférieure aux prévisions, freinée par une charge fiscale exceptionnelle de 15,9 milliards de dollars, liée à la nouvelle législation fiscale américaine, et des inquiétudes sur la rentabilité de ses lourds investissements en intelligence artificielle. Voici les cinq principaux enseignements de l’appel aux analystes. Le prix des « nouvelles capacités » Mark Zuckerberg et la directrice financière Susan Li ont mis l’accent sur l’expansion massive des dépenses en infrastructure liées à l’IA. Meta prévoit désormais dépenser entre 70 et 72 milliards de dollars en 2024, avec une croissance des investissements en 2026 supérieure à celle de 2025. L’entreprise s’engage à renforcer à la fois ses propres centres de données et ses capacités cloud tierces. Les coûts de calcul et de talents sont les deux moteurs principaux de cette hausse. Li a souligné que les salaires des spécialistes en IA, recrutés en 2025, représenteront la deuxième plus grande composante de la croissance des dépenses en 2026. Zuckerberg a insisté sur la nécessité de ne pas sous-investir : « C’est une course à la création de capacités novatrices, pas une simple formalité. » Les pertes persistantes de Reality Labs Le segment Reality Labs, dédié aux casques VR, aux lunettes intelligentes et à la métavers, a enregistré une perte opérationnelle de 4,43 milliards de dollars, légèrement réduite par rapport aux 4,53 milliards du trimestre précédent. Les revenus sont montés à 470 millions de dollars, soutenus par une hausse des stocks de Quest avant les fêtes. Toutefois, Li a souligné des « contre-vents » liés au manque de nouveau modèle de casque. En revanche, elle a anticipé une croissance significative des revenus liés aux lunettes intelligentes d’IA au quatrième trimestre, grâce à la forte demande pour les produits récents. Une charge fiscale exceptionnelle mais bénéfique à long terme La charge fiscale de 15,9 milliards de dollars, non cash, résulte d’un changement dans la loi fiscale américaine, qui a entraîné une provision sur les actifs fiscaux différés. Malgré son impact immédiat, Li a affirmé que cette charge permettrait à Meta de réduire considérablement ses paiements d’impôt en espèces à l’avenir. Sans cette charge, le taux d’imposition effectif serait passé de 87 % à 14 %. Cette réduction devrait faciliter les investissements massifs dans l’IA. L’IA stimule l’engagement et les revenus publicitaires Zuckerberg a annoncé que les systèmes d’IA ont augmenté le temps passé sur Facebook de 5 %, sur Threads de 10 %, et le visionnage vidéo sur Instagram de plus de 30 %. Les Reels génèrent désormais un chiffre d’affaires annuel dépassant 50 milliards de dollars. Les fonctionnalités d’IA générative pour annonceurs, comme la musique générée par IA, améliorent la performance des campagnes et pourraient compenser les pertes de Reality Labs. Les lunettes intelligentes d’IA connaissent un succès fulgurant Malgré des doutes préalables sur leur adoption, les lunettes intelligentes Meta, en collaboration avec Ray-Ban et Oakley, ont connu un succès commercial impressionnant. Zuckerberg a indiqué que les Ray-Ban Displays se sont écoulées presque partout en moins de 48 heures, et que les rendez-vous de démonstration sont déjà complets jusqu’à la fin du mois suivant. Il a affirmé que les fonctionnalités d’IA intégrées deviendront bientôt la principale raison d’utilisation des lunettes, avec des revenus issus à la fois des appareils et des services associés. Évaluation : Selon les analystes comme Mike Proulx de Forrester, l’enthousiasme autour des lunettes intelligentes pourrait être plus fort que les ventes réelles, surtout chez les consommateurs « curieux de technologie ». Toutefois, les résultats récents montrent une forte demande initiale, ce qui pourrait valider la stratégie de Meta. Les experts soulignent que la rentabilité dépendra de la capacité de l’entreprise à transformer ces innovations en flux de revenus durables, tout en maîtrisant ses coûts. Meta s’impose comme un acteur majeur de l’IA, mais le chemin vers la rentabilité reste ardu.
